La laiterie d’Agromousquetaires a fortement augmenté ses volumes pour faire face à la montée de la demande de la grande distribution. Elle privilégie désormais les références les plus vendues au détriment des produits valorisés. Une situation coïncidant avec un pic laitier saisonnier qui peut être absorbé par l’usine de Saint-Père-de-Retz.
Comment répondre très vite à un changement brutal du mode de consommation et mettre en place en même temps de nouvelles contraintes de production ? C’est la question qui s’est posée mi-mars, dès le début du confinement, à la laiterie d’Agromousquetaires, située à Saint-Père-de-Retz, en Loire-Atlantique. En 2019, ce site a produit 220 millions de litres de lait UHT, 28 000 tonnes de desserts, 7 200 tonnes de beurre et 5 600 tonnes de crème fraîche.
« Nous avons d’abord pris toutes les mesures permettant de protéger les salariés du site comme le renforcement des gestes barrières, la mise en place de la distanciation sociale et la prise de température frontale à l’arrivée », détaille Claire Guillard, directrice commerciale et marketing de la laiterie Saint-Père. La laiterie doit tout de même faire face à un absentéisme d’environ 15% (4,9% en moyenne), lié à des gardes d’enfants ou à des salariés fragiles à cause de pathologies particulières. Toutefois, « certains salariés qui auraient pu télétravailler ont volontairement rejoint la production », tempère Claire Guillard.
Le principal défi que doit relever la laiterie consiste à adapter sa production à des débouchés profondément modifiés. « Nous privilégions désormais les références les plus vendues au détriment des produits représentant de petits volumes », explique Claire Guillard. Selon elle, 60 références ont été arrêtées sur les 250 habituellement produites. Et les produits destinés à la restauration, soit une dizaine de références, ont été totalement stoppés, faute de restaurants ouverts. Par exemple, le lait UHT en bouteille d’un litre est privilégié, à l’inverse des bouteilles de 0,5 cl. Les liégeois aux fruits ne sortent plus des lignes, alors que ceux au chocolat et au café sont fabriqués en plus grand nombre.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Volumes en forte progression
La laiterie a dû en même temps fortement accroître ses volumes de production (+20 à +30% par rapport aux volumes habituellement produits) grâce à la réduction du nombre de références qui fait gagner du temps. Un surplus de production qui correspond, par chance, au pic de production laitier du printemps. La laiterie assure qu’elle absorbe tout le lait fourni par les éleveurs. Et que leur rémunération sera conforme aux engagements d’Agromousquetaires pour 2020 : un prix de base du lait fixé à 350 euros les 1000 litres (375 euros avec les primes habituelles), auquel peut être ajoutée une prime de 21 euros liée à des objectifs de production durable.
Aucun pronostic de chiffre d’affaires pour 2020 n’est communiqué par la laiterie, en raison du contexte actuel, et d’une production qui augmente en volume actuellement, mais au profit de produits moins valorisés. En 2019, la laiterie a réalisé un chiffre d’affaires de 251 millions d’euros, à 85% grâce aux marques destinées aux Mousquetaires et 15% grâce aux autres clients industriels et à la restauration. Mi-mai, elle espère pouvoir recommencer à produire les références arrêtées mi-mars. Une possibilité qui reste suspendue au déconfinement progressif prévu à partir du 11 mai.