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Société des agriculteurs de France Comment les agriculteurs peuvent profiter des crédits de CO2

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La Saf (Société des agriculteurs de France) prépare un rapport sur la faisabilité des crédits de CO2 en agriculture pour novembre 2005. Les crédits de CO2, mécanique qui découle du protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, peuvent représenter une contrainte environnementale, mais aussi un atout : un secteur pourrait, s’il réduit suffisamment ses émissions, valoriser financièrement ses bons points.

La question de la « finance carbone » est en discussion à la Saf depuis près d’un an, en interne avec la Caisse des dépôts et consignations, et sous forme de groupes de travail avec des experts (de l’environnement, de l’énergie, d’agronomie, de zootechnie) depuis janvier. La Caisse des dépôts a reçu mission du gouvernement d’étudier la mise en oeuvre des crédits de CO2 en agriculture, dans les transports et dans le bâtiment, en vue d’une éventuelle application à ces secteurs pour qu’ils émettent moins de gaz à effet de serre, mais aussi d’absorber celui des autres, un avantage qui pourrait être rémunéré.

L’agriculture en première ligne

Les grandes industries (verriers, cimentiers, sucriers, amidonniers, sidérurgistes, chimistes, etc.) sont déjà soumises depuis début 2005 au PNAQ (Plan national d’allocation des quotas de gaz à effet de serre). Les quotas, ou plafonds, sont répartis par entreprise. Une entreprise qui dépasse son plafond a le choix entre soit payer une amende, soit se procurer, sur le marché des quotas, des droits d’émettre du CO2 non utilisées. Celui qui le lui vend est une entreprise qui a réussi à moins émettre que son plafond.

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gaz à effet de serre
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Le rapport de la Saf a pour objet d’étudier la faisabilité d’un tel système pour l’agriculture. Les gaz à effet de serre émis par l’agriculture sont surtout le méthane, dû aux élevages à travers les flatulences des ruminants et les fosses à lisiers, et le protoxyde d’azote, émis par les engrais azotés. On imagine les conséquences que peut représenter une réduction de ces émissions, dans des domaines aussi divers que le mode d’alimentation du bétail, l’équipement en installations de récupération de méthane ou une part accrue des cultures de légumineuses, plantes qui se passent d’engrais azotés. Sans parler de tout le secteur forestier, qui, lui, est absorbeur net de CO2. Réduisant ses émissions, ou produisant des plantes qui absorbent le CO2, le secteur agricole pourrait, à son tour, vendre des droits à émettre du CO2. 

Une chose et sûre : il sera demandé tôt ou tard à l’agriculture de participer à la réduction des émissions. Sa capacité à absorber des gaz à effet de serre émis par elle et par d’autres secteurs la met sur la sellette plus que tout autre secteur.