Comment attirer les talents ? Telle est la question principale que comptait se poser la FC2A, ou Fédération du commerce agricole et alimentaire vendredi 27 novembre à l’occasion de sa deuxième assemblée générale depuis sa constitution en 2014.
Mobilisation des réseaux sociaux, constitution d’une « candidathèque », utilisation des moyens des féderations membres, partenariats, notamment avec l’association Jeunesse et entreprises d’Yvon Gattaz… l’objectif du négoce agricole et alimentaire est de faciliter le recrutement de talents, explique Frédéric Carré, président de cette jeune association qui s’est créée en 2014 pour mieux faire entendre sa spécificité agricole. Depuis la création par la FNA (Fédération du négoce agricole) et la FFCB (Fédération des commerçants en bestiaux), d’autres fédérations sont en train de rejoindre l’institution : Fédépom (Pommes de terre) et bientôt le Synacomex.
Recrutements difficiles
Toutes ces fédérations représentent des entreprises qui ont un problème essentiel, comme bien d’autres dans le commerce de gros : la difficulté de recruter les personnels bien formés, des talents, selon l’expression de la FC2A. Selon Frédéric Carré, ces métiers se caractérisent par le fait qu’ils sont « indélocalisables et connectés ». Autrement dit : des métiers locaux, ancrés dans les territoires mais aussi branchés sur les marchés mondiaux. Ce sont plusieurs milliers d’emplois qui doivent être pourvus, les adhérents de la FC2A représentant 22 000 entreprises et 180 000 personnes.
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Sur-transposition des règlements européens
Le congrès de la FC2A devait être également l’occasion de prendre position face à la politique gouvernementale de réduction des intrants en agriculture. « Certes, il peut y avoir danger à sur-utiliser les produits de protection des plantes », affirme Frédéric Carré. Pour autant, la perspective de taxe CEPP (la taxe qui frappera les distributeurs de phytos s’ils n’atteignent pas les objectifs du plan Ecophyto 2) suscite de grandes réserves. « Ne nous voilons pas la face, poursuit Frédéric carré, cette taxe finira par être payée par les agriculteurs ». D’une manière générale, la fédération réitère la demande des agriculteurs à ne pas sur-transposer les règlements européens en matière environnementale. D’autant que sur le fond, elle constate que des pays comme l’Allemagne et l’Angleterre emploient, à entendre Frédéric Carré, davantage de produits phytos à l’hectare de surface agricole. Autre souci évoqué par la FC2A, la réduction du taux de protéines des céréales, en partie engendrée par les restrictions d’emplois de fertilisants. « L’interprofession et les organisations techniques sensibilisent les producteurs », constate Frédéric Carré, tout en reconnaissant que cette réduction ne facilite pas l’exportation des grains français.