L’UE a confirmé sa place de premier exportateur et importateur mondial de produits agroalimentaires en 2017. Avec les États-Unis, premier partenaire de l’UE dans le domaine, les ventes ont encore augmenté alors que les importations ont diminué. Mais, prévient la Commission européenne, le protectionnisme et la multiplication des différends commerciaux menacent ces échanges.
L’Union européenne a maintenu, en 2017, sa place de premier exportateur et importateur mondial de produits agroalimentaires avec 138 milliards € d’exportations (+5,1 %) et 117 milliards € d’importations, se félicite la Commission européenne dans son rapport annuel 2017 sur le commerce agroalimentaire de l’UE, publié le 7 juin.
Le vin et les spiritueux restent les principaux produits exportés (respectivement 9 % et 8 % du total des exportations agroalimentaires de l’UE), suivis des aliments pour bébés (5 %), de diverses préparations alimentaires (5 %), du chocolat et de la viande de porc (4 % de la valeur totale des exportations chacun). Les principales augmentations concernent le vin (+11,7 %) et les aliments pour bébés (+10,8 %). À l’inverse, le produit enregistrant la plus importante baisse est le blé (-27 %). Un recul qui s’explique par la baisse de la production européenne (-20 millions de tonnes) et par l’abondance de l’offre sur le marché mondial. En termes de destination, les exportations vers les cinq principaux partenaires actuels de l’UE, les États-Unis, la Chine, la Suisse, la Russie et le Japon, ont augmenté.
Hausse des importations de produits ukrainiens et d’huile de palme
Les exportations vers la Russie, après une forte baisse ces dernières années en raison de l’embargo imposé par ce pays sur plusieurs produits agricoles, se sont redressées pour la première fois depuis 2013 en raison de l’augmentation des exportations de produits non soumis à ces restrictions.
Côté importations, l’UE a diversifié ses sources d’approvisionnement au cours de ces dernières années, la part des deux principaux pays d’origine, Brésil (11,8 milliards €, -1 % par rapport à 2016) et États-Unis (10,9 milliards €, -2,1 %), ayant baissé en faveur d’autres pays. Les parts des autres principaux fournisseurs (Chine, Argentine, Ukraine) sont restées relativement stables à l’exception de l’Ukraine, d’où l’UE a importé 34 % de produits supplémentaires en 2017, conséquence de l’accord de libre-échange mis en place avec ce pays.
Un seul changement à noter dans le classement dans principaux produits importés : l’huile de palme (6 %) est passée au 4e rang, devançant les fruits frais et séchés (5 %).
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Grâce à la Pac et aux accords commerciaux
Phil Hogan, le commissaire européen à l’agriculture, a estimé que « le succès du commerce agricole est clairement lié aux réformes de la Pac qui permettent aux producteurs européens d’être compétitifs sur les marchés internationaux », mais aussi à « notre programme commercial ambitieux – avec des succès récents dans les négociations avec le Canada, le Japon et le Mexique – qui aide les agriculteurs et les producteurs alimentaires de l’UE à tirer pleinement parti des opportunités sur les marchés internationaux tout en instaurant des garanties nécessaires pour les produits les plus sensibles ».
Parmi les menaces les plus graves pour le commerce agroalimentaire, souligne le rapport, figurent des approches politiques de plus en plus protectionnistes dans certaines économies importantes, des différends commerciaux plus fréquents ainsi que des perturbations commerciales liées à la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE.
Le déficit commercial des États-Unis avec l’UE se creuse
Les États-Unis sont de loin le partenaire le plus important en termes d’échanges agroalimentaires, absorbant 16 % des exportations totales de l’UE (22 milliards €), et toujours en croissance. En 2017, les ventes aux États-Unis ont encore augmenté, malgré un léger ralentissement, de 5,9 %, au-dessus de la croissance des exportations vers la Chine (+5,2 %, 8,7 % des exportations de produits agroalimentaires de l’UE) et la Suisse (+4,2 %). En revanche, les importations de l’UE en provenance des États-Unis ont diminué pour la deuxième année consécutive (-2 %) en 2017. Elles représentent quand même 9,5 % de l’ensemble des importations agroalimentaires de l’UE (11 milliards €). En 2017, l’excédent commercial de l’UE avec les États-Unis a donc encore augmenté pour atteindre 10,9 milliards € (+15 %). Près de la moitié des exportations de l’UE vers les États-Unis sont des boissons (spiritueux, vins, bières, soft drinks).
Et les États-Unis constituent un marché particulièrement important (avec des parts de marché allant de 37 à 55 %) pour les exportations de l’UE de café (réexportations), d’huiles essentielles, de bière, de spiritueux, d’eau et de boissons gazeuses. Les États-Unis sont également la première destination des exportations d’huile d’olive (37 %), de vin (32 %) et de fromage (22 %).