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Commerce équitable : 10 % de croissance en 2017

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Alors que la 18e quinzaine du commerce équitable s’ouvrira le 12 mai, Commerce Équitable France revient sur les très bons chiffres du secteur qui dépasse un milliard d’euros de ventes et dont les produits sont majoritairement labélisés bio.

Le commerce équitable a connu une croissance de 10 % en France en 2017, confirme Julie Stoll, déléguée générale de Commerce Équitable France, lors d’une conférence de presse le 3 mai. Ce collectif qui fédère les principaux acteurs du commerce équitable en France se réjouit des bonnes performances du secteur alors que va s’ouvrir son évènement de promotion annuel « la quinzaine du commerce équitable », le 12 mai.

10 % de croissance en 2017

Atteignant désormais le « chiffre symbolique » d’un milliard d’euros, les ventes des produits issus du commerce équitable connaissent une croissance à deux chiffres depuis déjà quatre années consécutives. Dans le détail, 95 % des ventes concernent des produits alimentaires, dont un tiers est issu de filières françaises. Le commerce équitable n’est donc plus cantonné uniquement au commerce Sud-Nord et des filières se structurent en France bien que les filières internationales représentent la grande majorité des transactions avec 718 millions d’euros de ventes.

Blaise Débordes, directeur général de Max Havelaar, souligne que « la demande est massive » et les Français en attente de produits labellisés. Aujourd’hui, « un ménage sur deux consomme des produits sous label Max Havellaar », se félicite-il, soit un taux de pénétration de 50 % en 2017. Ce constat de dynamisme de la demande est partagé par Julie Stoll pour qui « le déficit vient de l’offre ».

Une double labellisation

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De plus, 80 % des produits issus du commerce équitable sont également labélisés bio. Ce secteur est également en très forte croissance et bénéficie de réseaux de distribution spécifiques dont le poids dans les ventes de produits issus du commerce équitable ne cesse de progresser. Il atteint aujourd’hui 30 % pour les produits internationaux et 44 % pour les produits français. Certaines enseignes ont d’ailleurs créé leur propre filière combinant les deux cahiers des charges, telle que Biocoop et sa démarche « Ensemble, solidaires avec les producteurs ». La convergence des deux labels et le dynamisme du secteur bio peuvent donc doper le développement du secteur équitable. Toutefois, Julie Stoll certifie que le plus souvent, les produits sont dans, un premier temps, issus de filières structurées par le commerce équitable « avant d’aller vers le bio ». Et Marc Dufumier, président de Commerce Équitable France insiste : « Le bio nécessite la garantie d’un prix équitable » pour se développer.

80 % des produits issus commerce équitable sont également labélisés bio

La banane équitable devient-elle la norme ?

« La banane invente un nouveau modèle », s’enthousiasme Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France. De 7 000 tonnes dans la distribution française en 2013, les ventes ont atteint quelque 47 000 tonnes en 2017 soit « 9 % du marché total de la banane en France ». Cette forte progression a été permise grâce à « l’engagement des enseignes de distribution ». Ainsi, en 2014, Carrefour a décidé « de passer sa banane bio en banane bio-équitable ». Cette dernière représente alors 50 % des volumes de bananes vendus par l’enseigne ; Monoprix va plus loin et annonce en 2018, vendre uniquement des bananes équitables. Pour Blaise Desbordes, le cas de la banane démontre que le marché de niche que fût le commerce équitable « peut devenir la norme de demain ».