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Commerce équitable : Max Havelaar s’ouvre aux producteurs français

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Référente du secteur, l’ONG Max Havelaar tente l’aventure française en lançant un référentiel pour labelliser du lait et du blé origine France. Seuls les agriculteurs les plus fragiles économiquement pourront y prétendre.

Le label équitable Fairtrade/Max Havelaar s’ouvre aux producteurs français et lance un appel à manifestation d’intérêt des agriculteurs, collecteurs et transformateurs des filières lait et blé, annonce l’ONG lors d’une conférence le 5 mai. L’objectif de ce nouveau dispositif de certification ? « Soutenir, sans attendre, les producteurs français les plus fragiles économiquement ». Les partenaires du projet voient dans cette labellisation une solution pour mettre un terme – ou tout du moins juguler – à la déprise agricole de certains territoires hexagonaux. « Nous espérons lancer les premiers produits à la fin de l’année », souhaite Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar.

Le cahier des charges prévoit la fixation d’un prix garanti à partir du prix de revient établi territoire par territoire, une rémunération de l’exploitant de 1,5 Smic ainsi qu’une durée d’engagement de trois ans. En plus de ce prix minimum, une prime collective de 20 €/1000 l de lait et de 12 €/t de blé est reversée à l’organisation de producteurs labellisés dont au moins 50 % devront être fléchés vers des actions de transition écologique.

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Tous les agriculteurs français ne seront pas éligibles. La première condition sera la localisation de la ferme dans un « territoire vulnérable ». Ces zones sont définies en fonction du revenu moyen du territoire qui devra être inférieur au smic ; de la cartographie des zones de revitalisation rurale définies par le ministère de la Cohésion des territoires ; le rendement des sols ainsi qu’en fonction des zones vulnérables telles que vues par la directive nitrates européennes. Pour cette dernière cartographie Blaise Desbordes explique que « dans ces zones les agriculteurs sont sous contraintes écologiques fortes, cela a donc du sens de leur apporter une sécurité économique ». Deux cinquièmes de la superficie française sont concernés, notamment tout le Sud-Ouest pour le blé et le lait, la basse et haute Normandie pour le lait.

Ensuite, pour entrer dans le processus de certification, chaque exploitation doit répondre à au moins un des trois critères : être en difficulté économique (la situation économique de la ferme est analysée à partir du revenu courant avant impôt), être installé depuis moins de dix ans, ou être en conversion vers le bio. Ce filtre individuel pourra entraîner une différenciation des producteurs au sein d’une coopérative ou d’une organisation de producteurs. En lait, il faudra alors par exemple mettre en place une collecte séparée si tous les producteurs ne sont pas éligibles au cahier des charges.

En soutien au projet, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ainsi que les députés LRM Jean-Baptiste Moreau et Yolaine Decourson étaient présents à la conférence de lancement.