Bien que critiquées par les gouvernements français et allemand, les négociations en vue d’un accord de libre-échange avec les États-Unis se poursuivent. Les États membres et la Commission européenne discuteront une nouvelle fois de l’avancement du processus lors d’un sommet à 27 à Bratislava (Slovaquie) les 16 et 17 septembre.
Peu importe l’opposition croissante de Paris et, dans une moindre mesure de Berlin, la Commission européenne continuera à négocier avec les États-Unis en vue de la conclusion du traité transatlantique de libre-échange (TTIP). C’est ce qu’a souligné le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 4 septembre, en marge du Sommet du G-20 à Hangzhou (Chine). Il a précisé que le mandat de négociation – confié en 2013 à la Commission européenne – « reste pleinement valable ». Il a également rappelé que lors du dernier Conseil des chefs d’État et de gouvernement de l’UE en juin 2016, il avait demandé à l’ensemble des États membres s’ils voulaient poursuivre les négociations commerciales avec Washington et que « tout le monde a dit oui sans exception ». Selon lui, « il n’y a rien de nouveau à ce sujet" et, d’après lui, les négociations vont se poursuivre d’autant plus que lui-même estime qu’un tel accord de libre-échange avec les États-Unis « est de la plus grande importance pour dynamiser l’activité économique en Europe tout comme pour lutter contre le chômage ».
La Commission européenne, à l’instar du gouvernement américain, considère qu’elle est prête à conclure cet accord à la fin de 2016 à condition toutefois que les chapitres en suspens soient réglés. « La Commission continue d’engranger des progrès », a même déclaré Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne, en réponse aux questions sur les commentaires du vice-chancelier et ministre de l’économie allemand, Sigmar Gabriel, qui a estimé que les discussions avaient « échoué » (1). « Les discussions abordent une phase cruciale et la Commission est disposée à clore un certain nombre de chapitres d’ici la fin de cette année », a ajouté le porte-parole. Les États-Unis insistent également pour que l’accord soit conclu avant 2017, conscients que les élections à venir pourraient le mettre en danger (Donald Trump et Hillary Clinton ayant émis certaines réserves sur ces négociations). Invité à estimer la possibilité de conclure l’accord sans le soutien de l’Allemagne, « trésorier et économie majeure de l’UE », le porte-parole a répondu que le président de la Commission avait reçu le renouvellement du soutien de l’ensemble des dirigeants des États membres lors des derniers sommets européens.
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Lors du prochain Sommet européen des 16 et 17 septembre à Bratislava (Slovaquie), les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’UE et Jean-Claude Juncker "himself " ont d’ailleurs mis ce sujet à leur agenda et doivent donc faire le point sur les négociations avec les États-Unis. Négociations qui ont débuté en juillet 2013 et dont le 14e round s’est déroulé du 11 au 15 juillet à Bruxelles. La prochaine rencontre n’a pas encore été fixée.
(1) Dans le même temps, la chancelière allemande, Angela Merkel a de nouveau plaidé en faveur de l’accord sur le TTIP, estimant qu’il était « dans l’intérêt de l’UE de ne pas rétrograder derrière d’autres régions du monde, comme les régions asiatiques qui ont déjà conclu un tel accord avec les États-Unis ».