Alors que l’incertitude pèse sur le budget européen, les industries agroalimentaires se préparent à un début d’année chargé du point de vue de la réglementation. Elles réclament de la présidence autrichienne une véritable réflexion sur la compétitivité du secteur. La CIAA relève dans son mémorandum des « faits inquiétants », comme le ralentissement des progrès de la compétitivité et de la valeur ajoutée dégagée par les IAA.
A quelques jours de la fin de la présidence britannique de l’Union européenne, la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE) a remis à la future présidence, l’Autriche, son memorandum. Dans ce document d’une vingtaine de pages, l’organisation d’industriels présente ses préoccupations pour les six prochains mois, les premiers de l’année 2006. Commerce, sécurité alimentaire et protection des consommateurs, environnement… Tant de sujet qui « ont un impact direct sur le développement et la compétitivité des industries agroalimentaires européennes », prévient Jean Martin, le président de la CIAA.
Allégations
La future présidence de l’UE a inscrit à son agenda de nombreux sujets d’intérêt pour les fabricants d’aliments. Notamment la future réglementation sur les allégations nutritionnelles et de santé. A ce propos, la CIAA se félicite des progrès réalisés cette année et qui ont conduit à un accord politique au Conseil de juin 2005. Mais elle pousse la présidence autrichienne à revoir certaines parties de la proposition : l’article 12 qui définit les principes d’une liste communautaire des allégations autorisées doit être basé sur les nutriments, les ingrédients alimentaires et les bénéfices santé plutôt qu’être une liste détaillée des allégations, préconise l’organisation.
Sur les questions de procédure, l’industrie craint que l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (AESA) sorte de son rôle en contrôlant la formulation des allégations qui relèvent du marketing et pas seulement leur bien-fondé scientifique.
Exportations
Outre les négociations OMC, les industriels plaident aussi pour la poursuite des négociations avec le Mercosur et insistent pour qu’une zone de libre-échange soit créée avec les pays méditerranéens dans le cadre du processus de Barcelone qui a fêté son dixième anniversaire les 27 et 28 novembre dernier. Le dossier russe n’est quant à lui pas clos. Malgré les accords avec Moscou, l’Autriche doit maintenir la pression pour que les inspections et les certifications des entreprises soient accélérées.
Environnement
Les exigences environnementales devraient tenir le haut du calendrier communautaire des prochains mois. La CIAA soulève les problèmes posés par les plans d’échanges des émissions de gaz à effet de serre. A l’agenda sera aussi la mise en place de la Politique intégrée des produits, l’entrée en vigueur définitive de la directive IPPC (Prévention et contrôle intégré de la pollution).