Le ministre de l’agriculture, dans l’interview qu’il a accordée à Agra Presse, a raison d’affirmer que la négociation européenne pour l’après 2013 sera «extrêmement difficile». De fait, au lendemain même de ce qui peut apparaître comme un joli succès de sa stratégie en matière latière, deux initiatives de Bruxelles venaient sérieusement tempérer l’optimisme. D’une part, la Commission européenne lâchait un document d’orientation budgétaire pour les prochaines négociations. Un document faisant littéralement «la peau» de la politique agricole commune, non seulement pour des raisons strictement budgétaires mais aussi pour donner la priorité à d’autres politiques. Deux jours plus tard, la Commission faisait adopter, en comité de gestion, la décision de baisser considérablement les restitutions pour le lait en poudre et pour le beurre. Au lendemain d’un conseil agricole apparemment très «pro-régulation» cela tombe mal. Même si la mesure s’explique pour des raisons de marché, les producteurs et entreprises laitières risquent de ne pas bien comprendre.
Tout ceci montre d’une manière maintenant évidente que la France n’a plus rien à attendre d’une Commission européenne totalement réfractaire à toute orientation régulatrice. La commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, semble même se braquer quelque peu, utilisant des arguments et des termes (« Nous avons plumé la poule aux œufs d’or au maximum ») que d’aucuns peuvent trouver excessifs et qu’elle n’aurait pas utilisés naguère. Cette Commission est au bout du rouleau. Mais son renouvellement ne signifie pas pour autant que les futurs commissaires seront plus régulateurs.

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