Le dossier du maïs Bt 11 de Syngenta sur lequel la Commission européenne est invitée à se prononcer, représente bien plus qu’une autorisation ponctuelle d’un produit. Il s’agit de savoir si, comme on peut l’imaginer, Bruxelles va relancer la machine à adopter des plantes OGM en Europe. Le symbole du Bt 11 est d’autant plus fort qu’il s’agit d’un maïs doux destiné à la consommation humaine.

L’enjeu revêt une importance politique, scientifique et alimentaire considérable. C’est la raison pour laquelle on peut s’étonner qu’en l’absence de majorité des quinze membres de l’Union européenne, la décision échoit à une instance non élue, composée de hauts fonctionnaires non responsables devant des électeurs sur le plan politique.

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A quelques semaines des élections européennes, c’est une curieuse image de l’Europe que l’on va donner aux électeurs. On voit d’ici l’argument que pourront en tirer les adversaires de l’UE : ils auront vite fait d’évoquer une Europe de technocrates dictant la manière dont les citoyens doivent se nourrir. Le gouvernement français et sa majorité, déjà mis à mal par les régionales, n’ont rien à gagner d’une telle situation.

La situation sera d’autant plus embarrassante pour la France qui a voté non au Bt 11. Appliquera-t-elle la décision sans coup férir faisant preuve de discipline communautaire ? Fera-t-elle de la résistance comme elle en a fait sur les importations de bœuf britannique au temps de la vache folle, ou comme elle en a fait pour le budget de l’État face au pacte de stabilité ? En plaidant pour un grand débat sur les OGM, le ministre de l’Ecologie Serge Lepeltier a apporté un début de réponse. On voit mal le gouvernement accepter le Bt 11 et organiser en même temps ce grand débat.