Certains membres de la Commission de Bruxelles présidée par Jean-Claude Juncker ont eu, depuis décembre 2014, un nombre « excessivement élevé » de rendez-vous avec des « lobbies privés » de leur pays d’origine, estime le Corporate Europe Observatory (CEO), organisation qui étudie comment les grandes entreprises influencent les politiques européennes. Dans une analyse publiée le 6 février sous le titre « États capturés : les gouvernements nationaux, défenseurs des intérêts privés au sein de l’UE », le CEO affirme que les commissaires en question – l’Allemand Günther Oettinger (budget), l’Espagnol Miguel Arias Cañete (action pour le climat et énergie), l’Irlandais Phil Hogan (agriculture) et la Danoise Margrethe Vestager (concurrence) – « semblent biaisés en faveur des intérêts des multinationales de leur pays d’origine en termes de nombre de rendez-vous de lobbying, offrant ainsi une nouvelle voie d’influence ‘nationale’ pour ces derniers lorsqu’ils veulent peser sur les décisions européennes ».
Intérêts agricoles, mais pas seulement
Se basant sur les données de l’organisation Transparency International’s Integrity EU, le CEO relève que « sur les 102 lobbies d’entreprises » que le commissaire à l’agriculture a rencontrés entre décembre 2014 et la mi-octobre 2018, « au moins 29 défendaient des intérêts irlandais, dont Ryanair et Bank of Ireland ». Des intérêts qui ont représenté « la moitié des dix lobbistes qu’il a le plus rencontrés ».
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Parmi eux, plusieurs ont un lien avec le portefeuille de Phil Hogan, précise encore l’analyse du CEO : « Irish Farmers’Association (7 réunions), Ibec (patronat irlandais, 4 réunions), Irish Creamery Milk Suppliers Association (4 réunions), Irish Co-operative Organisation Society Ltd (trois réunions) ».
Reste que Phil Hogan a été amené, inévitablement, à se préoccuper du Brexit dont son pays subira tout particulièrement les conséquences, et donc, logiquement, à rencontrer de nombreux acteurs économiques irlandais à ce propos.