Depuis plusieurs semaines, le Chef de l’État l’avait annoncé : les grandes surfaces devraient signer un engagement à modérer leurs marges pour aider les producteurs agricoles en crise – dans les fruits et légumes essentiellement – à en sortir. La réunion du 17 mai, à l’Élysée, avait été prévue et était affichée comme un temps fort de la politique en faveur des paysans, en phase avec la loi de modernisation de l’agriculture.
Qu’en résulte-t-il ? Un dispositif qui permettra aux grandes enseignes de distribution de relancer leur guerre des prix. Car, pour maintenir inchangées leurs marges en cas de réduction des prix des fruits et légumes, les magasins ont deux solutions : soit baisser les prix à la consommation, soit augmenter les prix d’achat. Par évidence, c’est la première solution qui sera le plus souvent appliquée. Le seul espoir pour le monde agricole est de tabler sur une relance des volumes consommés du fait de cette baisse des prix. Mais s’agira-t-il de volumes importés ou produits en France ? Et de toute façon, on sait à quel point le volume de consommation de fruits et légumes dépend d’autres facteurs que de leurs prix : le climat, la saison, la qualité, etc.
On comprend dans ces conditions pourquoi les grandes surfaces n’ont pas caché leur satisfaction à l’issue de la réunion de l’Élysée. L’initiative peut apparaître, tout compte fait, comme une belle opération de communication. Ou tout au moins comme la mise en place d’un mécanisme qui permettra au consommateur de profiter des crises agricoles. Ce n’est pas ce qui était annoncé.

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