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Quelle complexité ! A force de vouloir respecter l’esprit de démocratie, l’Union européenne multiplie les procédures et temps de discussions qui n’apparaissent pas tellement plus démocratiques pour autant. Ainsi, le conseil des ministres de l’Europe vient d’aboutir à un projet de nouvelle politique agricole commune (Pac). La semaine précédente, le Parlement européen avait lui-même abouti à son projet. Ces deux dispositifs étaient eux-mêmes issus d’une adaptation de la proposition de la Commission européenne. Ce n’est bien sûr pas fini. Un nouveau tour de discussions aura lieu, un « trilogue » entre la Commission, la présidence du Conseil et la délégation du Parlement de Strasbourg. Les grandes lignes sont à peu près figées mais on sait à quel point le diable se cache dans les détails.
On sait bien que toute cette procédure vise à démocratiser l’Europe, à transformer le Parlement européen en acteur réel. Donc, au final, à rapprocher des citoyens les circuits de décision de l’UE. On sait bien qu’il s’agit d’équilibrer les pouvoirs entre une représentation des nations, une instance exécutive et une représentation des peuples. Mais je ne suis pas sûr que l’effet espéré soit celui qu’on obtienne.
Le citoyen, face à cette complexité, est de plus en plus perdu. Un récent sondage indiquait que les trois quarts des Français se sentaient mal informés sur l’Europe. Ce n’est pas étonnant. C’est à n’y rien comprendre. Et si ce n’est pas clair, peut-on penser, c’est que ce n’est pas démocratique. Et puis, à force d’être le fruit de compromis, une politique perd de sa force, de son projet, de sa vision. C’est bien ce qu’on peut craindre avec la future Pac.
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