Bruxelles et le Vietnam sont parvenus à un compromis en vue de conclure un accord de libre-échange, le premier du genre passé par l'UE avec un pays en développement. Du côté européen, des quotas d'importation seront maintenus pour certains produits agricoles sensibles tels le riz, le maïs doux et le sucre.
Après deux ans et demi de négociations, la Commission de Bruxelles et le Vietnam sont parvenus, le 4 août, à un compromis sur la conclusion prochaine d'un accord de libre-échange qui, de nature symétrique moyennant une période de transition, sera le premier du genre passé par l'Union européenne avec un pays en développement. Cet accord sera le deuxième conclu avec un pays membre de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), après celui de 2014 avec Singapour, et constitue un jalon dans la stratégie de l'UE ayant pour objectif un accord de libre-échange ambitieux et exhaustif entre les deux régions (1).
Quotas d'importation pour produits sensibles
L'accord UE/Vietnam supprimera pratiquement tous les droits de douane (plus de 99 %), sauf dans le cas de certains produits pour lesquels les deux parties ont convenu d'instaurer des quo-tas d'importation à tarif nul. Le Vietnam libéralisera 65 % de ses droits de douane sur les importations en provenance de l'UE dès l'entrée en vigueur de l'accord, le reste étant éliminé graduellement sur 10 ans au maximum : 10 ans pour le poulet, 7 ans pour les vins et spiritueux, la viande de porc congelée et les préparations alimentaires, 5 ans pour les produits laitiers, 3 ans pour la viande bovine.
L'UE supprimera ses droits de douane moyennant une période transitoire de 7 ans au maximum. Elle ouvrira toutefois des quotas d'importation pour quelques produits agricoles sensibles en provenance du Vietnam : riz, maïs doux, ail, champignons, sucre et produits à haute teneur en sucre, fécule de manioc.
Pour le riz, les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) avaient fait part de leurs préoccupations au commissaire européen à l'agriculture Phil Hogan, dans une lettre datée du 30 juillet.
L'accord inclura également un chapitre sanitaire et phytosanitaire en vertu duquel les deux parties conviennent de certains principes essentiels telles la régionalisation et la reconnaissance de l'UE comme une entité unique.
Protection des indications géographiques
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L'accord améliorera également la protection des indications géographiques de 169 produits alimentaires et boissons de l'UE sur le territoire vietnamien, tels que le champagne, le parmesan (Parmigiano Reggiano), le vin de Rioja, le roquefort et le whisky écossais (Scotch Whisky).
Il en sera de même pour certains produits de qualité vietnamiens sur le marché de l'Union, comme le thé Moc Châu ou le café Buôn Ma Thuôt.
Les listes de produits ainsi protégés pourront être étendues à l'avenir.
Par ailleurs, l'accord contiendra un chapitre détaillé sur le commerce et le développement durable (questions liées aux conditions de travail et à l'environnement).
Pour les investissements, le Vietnam ouvrira son marché à l'UE, par exemple en supprimant ou en assouplissant les restrictions applicables à la production de produits alimentaires et de boissons.
(1) Voir n° 3468 du 27/10/14
En 2014, les échanges de biens entre l'UE et le Vietnam équivalaient à 28,3 milliards € : 22,1 Mrd € d'importations européennes, 6,2 Mio € d'importations vietnamiennes. Les principaux produits vietnamiens exportés vers l'Union incluent les téléphones, les produits électro-niques, les chaussures, les textiles et les vêtements, le café, le riz, les fruits de mer et les meubles. L'UE, quant à elle, exporte au Vietnam essentiellement des produits de haute technologie, dont des machines et des équipements électriques, des avions, des véhicules et des produits pharmaceutiques.