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Signe des temps : à quelques années d’une remise en cause annoncée de la Politique agricole commune, voilà les éleveurs de bovins qui annoncent vouloir mieux structurer leur filière et y exercer une plus grande influence. Devant la déliquescence future des filets de sécurité de Bruxelles, ils sont contraints de mettre en place leurs propres mécanismes de préservation – autant que faire se peut – du revenu. Pour cela, ils prennent, en quelque sorte, les auteurs de la loi de modernisation agricole au mot. Ils en explorent toutes les ressources (contrats, groupements, assurances…) pour se renforcer sur un marché difficile : de plus en plus mondialisé, avec une consommation en baisse, des compétiteurs aux coûts de production incroyablement plus faibles, ce secteur est, en plus, soumis maintenant à des critiques écologistes plus ou moins fondées.
Le cas des éleveurs de bovins est exemplaire. La préparation de l’après 2013 semble, à peu près partout en agriculture, l’obsession des professionnels qui réfléchissent à l’avenir. Certains savent qu’il ne leur faut pas trop compter sur l’État, de plus en plus impécunieux et obsédé par son désendettement. Ils doivent compter sur leurs propres ressources avant tout. Cela veut dire, hélas, sans doute, des cotisations interprofessionnelles notamment destinées à investir dans des filières en aval. Les producteurs de lait disent parfois regretter de n’avoir pas pensé à créer un « Unigrains du lait » il y a déjà pas mal d’années aux beaux jours de l’Interprofession plutôt que tout récemment. Si tel avait été le cas, la crise laitière ne se serait probablement pas passée comme elle s’est passée en 2009. Et la reprise d’Entremont par Sodiaal, afin de créer un groupe laitier de dimension européenne, n’aurait certainement pas traîné comme aujourd’hui.
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