Dacian Ciolos n’a pas peur des paradoxes, ou du moins de ce qui peut paraître paradoxal à première vue. Pour le commissaire à l’agriculture, dont les propositions de réforme de la Pac ont été soutenues par l’ensemble de l’exécutif européen en dépit de quelques anicroches, la compétitivité peut et doit aujourd’hui être à la fois « économique et écologique ». Beau programme. Reste à concilier ces deux objectifs, alors que la sécurité alimentaire est plus que jamais un défi et la protection de l’environnement un impératif. Pour tenter d’y parvenir, la Commission ne prend pas de gants, en préconisant un verdissement des paiements directs à hauteur de 30 %. C’est trop pour les professionnels et la plupart des gouvernements, mais il est de bonne politique de démarrer la négociation en tapant fort. Il en va de même pour une autre question sensible, le mécanisme envisagé de convergence des paiements au sein d’un même pays, 40 % de l’alignement étant prévu dès la première année, en 2014. C’est nettement trop rapide pour certains. En revanche, la prudence est de mise en ce qui concerne le rapprochement du taux d’aide au niveau communautaire. A tel point que le ministre polonais de l’Agriculture, Marek Sawicki, parle de « légère plaisanterie ». Les Vingt-sept auront le 20 octobre un premier échange de vues sur l’ensemble du projet, puis celui-ci sera passé à la moulinette. Mais, comme l’ont montré les précédentes réformes, « proposez, proposez, il en restera toujours quelque chose ».
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