Lorsque l’on est salariée et mère en zone rurale, faire garder ses enfants peut devenir un véritable casse-tête. Pour accompagner ces femmes, la MSA expérimente de nouveaux modèles de garde d’enfants.
À la veille de la journée internationale de la femme rurale, qui se tient chaque année le 15 octobre, la FGA-CFDT avait décidé de profiter de l’occasion pour mettre à l’honneur les femmes salariées en milieu rural. Une douzaine de femmes sont ainsi venues témoigner au siège national du syndicat, le 14 octobre, de leur vie de salariée et de mère, dans les campagnes. Concilier horaires de travail atypiques et vie familiale ou faire garder ses enfants dans des territoires isolés s’avère bien compliqué dans les zones rurales. Un constat partagé par la MSA qui a mis dans ses priorités le soutien aux projets atypiques de garde d’enfant.
Les mamans témoignent
Mère de deux enfants, Sandrine, salariée sur une exploitation viticole, a témoigné de la difficulté à trouver une assistante maternelle en zone rurale. « Et encore, je travaille 35 heures par semaine » avec des horaires assez traditionnels. Une « chance » que toutes les femmes n’ont pas. Sandra, salariée dans une exploitation porcine, travaille quant à elle à 80 %. Avec 4 enfants et un mari très souvent en déplacement professionnel, cet aménagement du temps de travail était nécessaire. « Ma mère m’aide à garder les enfants si besoin », explique Sandra. « Elle est exploitante et peut aménager son emploi du temps si nécessaire ». Mais dans l’idéal, Sandra aimerait reprendre une exploitation agricole avec son frère, histoire de pouvoir gérer elle-même son planning. Pour Frédérique, qui travaille dans un abattoir, la situation est plus compliquée encore, a témoigné sa collègue Christine. « Maman célibataire, elle travaille de 4 heures du matin à 12 h 30. C’est très dur de trouver une nounou avec de tels horaires ! » Frédérique a finalement trouvé une assistante maternelle. Elle dépose sa fille tous les matins à 3 h 20 avant d’aller travailler. Âgée de 5 ans, l’enfant se réveille une fois à 3 heures puis une seconde fois le matin, pour aller à l’école. S’il ne s’agissait que d’une question d’organisation, Frédérique serait sereine. Mais faire garder un enfant sur des horaires de nuit coûte cher, et Frédérique ne sera plus éligible à la prestation de service unique (une aide financière à hauteur de 66 % des coûts liés à la garde d’enfant) lorsque sa fille aura atteint les 6 ans.
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La MSA soutient les projets de garde d’enfants
Les délégués syndicaux FGA-CFDT constatent que la question de la garde d’enfants est bien souvent problématique en milieu rural. Hélas, les entreprises semblent peu enclines à mettre en place des crèches d’entreprises, même dans les grandes entreprises de l’agroalimentaire, déplore le syndicat. La MSA, invitée à la journée de débats, a présenté l’action sanitaire menée à ce sujet. Depuis 2008, 235 micro-crèches ont été créées sur les territoires ruraux. Il s’agit de structures qui accueillent chacune dix enfants au maximum. « Elles offrent des solutions de proximité adaptées aux besoins des familles rurales », a expliqué Penda Sall, responsable du département « Accompagnement du développement social » à la Caisse centrale de MSA. La MSA accompagne les porteurs de projets de micro-crèche, tant au niveau technique que financier (20 000 € de soutien). Par ailleurs, la MSA constate « de nombreux besoins d’accueil en horaires atypiques » qui nécessitent d’« inventer des solutions nouvelles ». Penda Sall a présenté différentes initiatives en ce sens, soutenues par la MSA : une maison d’assistantes maternelles ouverte dès 4 heures du matin dans le Vaucluse, la mutualisation des services de garde d’enfants dans quatre collectivités en Gironde, afin d’assurer une plage d’ouverture la plus large possible, ou la « Kompani », crèche « mobile » ouverte 24 heures/24 et 7j/7 dans le Finistère. Des projets innovants et atypiques qui nécessitent peu à peu de devenir la norme, ont estimé des femmes présentes au débat.
Depuis 2008, 235 micro-crèches ont été créées sur les territoires ruraux