Voilà la Commission européenne qui veut mettre son nez dans les tentatives françaises de regagner quelques centimes, cet été, sur les prix des productions animales. Objectif : vérifier qu’il n’y a pas eu violation des règles concurrentielles européennes. Tous les participants aux tables rondes qui se sont tenues cet été sur le sujet, des agriculteurs aux transformateurs et distributeurs, ont reçu une demande d’information. La démarche est singulière et maladroite. Singulière parce que, si la Commission européenne veut interdire les pays d’essayer de redresser les prix en pleine crise, elle se doit de prendre elle-même des mesures. Or, elle est restée plutôt discrète sur ce plan, se bornant à mettre en œuvre un peu de stockage privé sur la viande porcine. Singulière aussi parce que les experts de la Commission savent bien que ces tentatives de redressement des prix ont été un échec. La France ne peut pas, isolément, augmenter ses prix et sortir ainsi de marchés qui sont européens, voire mondiaux.
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L’initiative est politiquement maladroite. Elle ne peut que contribuer à attiser le rejet de l’Europe d’une part croissante des éleveurs français. Déjà, bon nombre commencent à se sentir abandonnés de la Politique agricole commune ; ils risquent aussi de voir dans cette Pac un obstacle à des mesures franco-françaises, pourtant durement arrachées. Or, sur des marchés qui sont déjà internationaux, la solution passe, à l’évidence, par plus d’Europe et pas par moins d’Europe. Bruxelles ne peut pas soutenir à fond l’intégration des marchés sans être un peu plus active en matière de politique agricole. Sinon, on n’y comprend plus rien et cela fait le lit des extrémismes politiques.