Il ne faut pas se lasser de regarder ailleurs ce qui se passe. L’ailleurs n’est, au demeurant, pas toujours très loin. En témoigne le travail intense qui se déroule dans les pays limitrophes de la mer Noire pour valoriser leurs grandes cultures. Il y a quelques années, les Européens avaient eu un avant-goût de la concurrence de l’Ukraine en matière céréalière. Les producteurs d’aliments du bétail n’avaient pas lésiné sur ses matières premières. Depuis, le reflux de sa production avait réduit sa capacité exportatrice. Des quotas avaient même été institués au grand dam des négociants du pays. Mais les Ukrainiens et leurs voisins pourraient durablement s’installer comme grands exportateurs avec lesquels les Européens devront compter. Toute la région suscite déjà l’intérêt des grands opérateurs internationaux.

Il est vrai que la demande mondiale de céréales et d’oléagineux va fortement se développer, tant en matière alimentaire que pour les biocarburants. On a suffisamment dit que les surfaces arables, notamment en Europe, pourraient ne pas être suffisantes, pour ne pas tenir compte des millions d’hectares qui se trouvent à nos portes. Plutôt que d’importer des biocarburants du Brésil, ne faudrait-il pas acheter des matières premières chez nos voisins ?

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Voilà, en tout cas, un contexte délicat à venir qui va entourer les dossiers plus politiques que le futur gouvernement devra gérer : l’évolution de la Pac, les accords éventuels à l’OMC, les OGM, les contraintes environnementales, etc. Les nouveaux dirigeants de la France se sont engagés à mettre en œuvre rapidement des réformes pour la moderniser. En agriculture aussi, il leur faudra prendre la mesure des enjeux et du contexte. Et surtout ne pas chômer.