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Concurrence : coupable attentisme

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Comment en vouloir aux eurodéputés qui, saisis des quelques propositions de simplification de la Pac dans le règlement fourre-tout dit « omnibus », veulent profiter de l’occasion pour octroyer aux agriculteurs concernés plus de visibilité réglementaire et de marge d’action ? Les conclusions alambiquées que vient de rendre l’avocat général de la Cour de Justice européenne sur la compatibilité des initiatives des organisations françaises de producteurs d’endives avec le droit européen de la concurrence confirment que l’UE doit enfin admettre clairement que le secteur agricole mérite un traitement spécifique pour faire face aux pressions commerciales de ses acheteurs. La task force sur les marchés agricoles, dont les recommandations semblent avoir beaucoup impressionné le commissaire européen Phil Hogan, et sans doute moins sa collègue chargée de la concurrence, Margrethe Vestager, recommande d’ailleurs de clarifier les règles que doivent respecter les organisations agricoles pour ne plus être menacées dans leurs activités. L’assouplissement du droit de la concurrence pour le secteur fait partie des plus de 500 amendements à « l’omnibus » soumis au vote de la commission parlementaire compétente. Alors que les États membres semblent vouloir s’en tenir, malgré quelques écarts, aux seules mesures de simplification préconisées par l’exécutif européen, de façon à ce qu’elles puissent être mises en œuvre début 2018 comme le souhaite Phil Hogan. Est-ce trop tôt pour réclamer des changements plus profonds, sans attendre les négociations de la Pac post-2020 – ou plutôt post-Brexit ? L’attentisme est peut-être, en l’occurrence, la mauvaise option.

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