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Syndicalisme Confédération paysanne : « Des victoires syndicales sont possibles »

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La Confédération paysanne, jeune syndicat de 23 ans, y croit. Malgré la sinistrose agricole ambiante, la situation catastrophique des agriculteurs, le syndicat minoritaire ne se laisse pas démonter. « La situation pourrait parfois laisser penser qu’il n’y a plus d’autre politique agricole possible (…), mais des victoires syndicales sont possibles », a expliqué Philippe Collin, le porte-parole de la Confédération paysanne, lors de son discours de clôture de l’assemblée générale (AG) de son syndicat, le 5 mai. Particulièrement critiquée par le syndicat, la loi de modernisation agricole, ou « loi de manipulation de l’agriculture », selon la formule du porte-parole.

La Confédération paysanne ne baisse pas les bras malgré le contexte agricole difficile. En ligne de mire du syndicat qui a tenu son AG, le 5 mai à Montreuil : la loi de modernisation de l’agriculture, présentée au Sénat le 18 mai. Un projet de texte qualifié de « loi de manipulation de l’agriculture » par le porte-parole, Philippe Collin, très remonté. Le statut d’agriculteur entrepreneur est dans le collimateur du syndicat. « C’est en fait un outil qui permettrait de trier les paysans. D’un côté ceux qui seraient dignes de recevoir des aides publiques. De l’autre, ceux qui ne seraient pas dignes car trop petits, pas assez professionnels », souligne Philippe Collin. Quant au poids donné aux interprofessions dans ce projet de loi, le préalable pour la Confédération paysanne est « d’avoir le droit de pouvoir représenter les paysans dans ces interprofessions. C’est simplement une question de démocratie », rappelle le porte-parole (Cf. encadré). La contractualisation, non plus n’échappe pas à la vindicte du syndicat qui la qualifie « d’escroquerie ». « Nous avons dénoncé très tôt cette escroquerie, qui présente les nouveaux contrats comme un substitut à une politique agricole », souligne Philippe Collin. La somme des contrats ne peut pas aboutir à une maîtrise des volumes, résume la Confédération paysanne.

Infléchir le cours des choses
Combatif, le responsable syndical a rappelé le chemin parcouru par le syndicat : « Les récentes années nous ont prouvé que nous pouvions infléchir le cours des choses ». Notamment sur le sujet des OGM : « Combien parmi nous dans cette salle auraient affirmé, il y a à peine 5 ans que nous aurions un moratoire sur les OGM ? », a lancé Philippe Collin, qui estime que la Confédération paysanne doit continuer son combat, afin d’obtenir une « Europe sans OGM ». « Combien, auraient pronostiqué que nous serions aujourd’hui en mesure d’obtenir un début de rééquilibrage des aides en faveur des éleveurs qui produisent à l’herbe ? », a-t-il ajouté.
Pourtant les « obstacles sont nombreux », admet-il. Et depuis peu, « l’ouverture syndicale » pratiquée par Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture, à l’image de l’ouverture politique de Nicolas Sarkozy, n’est plus une priorité, explique le syndicaliste. « Avant, nous étions reçus et sollicités tous les quatre matins. Aujourd’hui, on nous donne un créneau d’une demi-heure. C’est à prendre ou à laisser ». Suite aux mauvais résultats des élections régionales, le gouvernement tente de se recentrer sur son électorat traditionnel explique-t-il. Pour preuve, Bruno le Maire, invité à la clôture de l’AG, « a choisi de ne pas venir alors qu’il est à toutes les AG des fédérations spécialisées de la FNSEA », a dénoncé Philippe Collin. « Ce qui est scandaleux », a-t-il conclu.

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