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Syndicats Confédération paysanne : « Les baisses de prix, conséquence du retrait de l’État »

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À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée syndicale le 16 septembre, la Confédération paysanne a estimé que c’est surtout le retrait des Etats de la régulation de la production qui provoquait la baisse actuelle des prix. Elle participera aux discussions préparatoires à la loi de modernisation agricole mais elle considère qu’il ne s’agit que d’un « succédané » de concertation.

«Les baisses de prix sont avant tout la conséquence de la réduction du rôle de l’État sur les marchés agricoles », a affirmé Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, le 16 septembre lors d’une conférence de presse. Et de condamner la tendance à aller vers une « gestion privée des crises agricoles » plutôt qu’à voir les États réguler la production en amont. Une tendance qui est perçue notamment dans la préparation de la loi de modernisation agricole (LMA). La Confédération participera à cette concertation tout en regrettant le caractère hâtif du calendrier. « Ce n’est pas de la concertation, c’est un succédané », lance un militant du syndicat.
Pour un nouvel accord sur le prix du lait
Elle a également réagi aux dernières mesures du gouvernement pour l’élevage, annoncées la veille au Space. « Ce ne sont pas les dernières annonces du ministre de l’Agriculture qui vont ramener la paix dans les campagnes », affirmait Philippe Collin. Vis-à-vis de la grève du lait, le syndicat continue à ne pas appeler à la grève mais affirme soutenir les grévistes. « On ne fera rien pour empêcher la réussite de la grève », affirme Philippe Collin. Dans la soirée, le syndicat diffusait un communiqué demandant que soit négocié un nouvel accord sur le prix du lait, sous l’égide des pouvoirs publics. Philippe Collin estimait d’ailleurs que « le mouvement de grève prend de l’ampleur ». Les opérations de blocages continueront, en particulier à l’encontre des laiteries qui « symbolisent les excédents laitiers ».
Manque d’organisation
Concernant les autres productions en crise, c’est également le manque d’organisation et de régulation qui a été mis en avant par la Confédération paysanne. « Il faut un cadastre agricole et un registre des productions », affirme André Bouchut : « C’est la même histoire que pour les quotas laitiers, c’est-à-dire un manque de régulation de la production ». Et d’appeler à une organisation collective des marchés plutôt qu’à des mesures sur le coût de la main-d’œuvre, ce poste étant « une bonne excuse », selon André Bouchut. En ce qui concerne le porc, « la crise est chronique et le gouvernement a choisi de laisser le marché réguler la production, dit-il. Les perspectives ne sont pas non plus réjouissantes pour les céréales, les prix étant divisés par 3, retombant en dessous des niveaux d’avant la flambée de 2007-2008 ». Enfin, explique David Michel, viticulteur de la Confédération paysanne, « les producteurs de vin ne savent pas s’ils iront ou non à la distillation. » « On procède à des arrachages à l’envers, chez les petits producteurs et non pas chez les plus gros », regrette-t-il, alors que « le syndicat majoritaire demande une augmentation des rendements ».

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