Le commissaire européen Phil Hogan a fait le point le 12 juin à Luxembourg devant le Conseil agricole de l’UE sur la préparation de la conférence ministérielle « Faire de l’agriculture durable un avenir pour la jeunesse en Afrique » du 2 juillet à Rome qui, co-organisée par la Commission de Bruxelles avec la Commission de l’Union africaine et la prochaine présidence estonienne du Conseil, contribuera aux travaux du 5e sommet UE-Afrique prévu les 28 et 29 novembre à Abidjan.
La promotion de l’investissement responsable du secteur privé, la recherche et l’innovation ainsi que le rôle de la numérisation, la gestion durable de l’eau, l’agriculture intelligente face au climat et la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires seront les thèmes abordés par la conférence de Rome.
Le sommet UE-Afrique se tient tous les trois ans, le dernier en date ayant eu lieu en avril 2014 à Bruxelles.
La multiplication en Afrique de « pôles de croissance agricoles » ou « agropoles », via l’investissement de groupes agroalimentaires internationaux bénéficiant d’aides fiscales, met en danger à terme la sécurité alimentaire du continent, dénoncent trois ONG (Action contre la Faim, CCFD Terres Solidaires et Oxfam France) dans un rapport publié à l’occasion d’une réunion du Partenariat G20-Afrique, les 12 et 13 juin à Berlin.
Les initiatives telles que la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition lancée à l’initiative du G8 en 2012 ou Grow Africa conduisent « à promouvoir une agriculture à deux vitesses qui favorise les investisseurs nationaux et internationaux au détriment des exploitations familiales qui, pourtant, nourrissent l’Afrique », dénoncent les trois ONG.
Crises alimentaires : un dénominateur commun, les conflits
Les conflits sont le dénominateur commun dans chacune des crises alimentaires affectant le continent africain, ont souligné Josefa Leonel Correia Sacko, commissaire de l’Union africaine à l’économie rurale et l’agriculture et José Graziano da Silva, directeur général de la FAO, lors d’un entretien le 13 juin à Rome où était réuni le comité d’administration du Programme alimentaire mondial (Pam).
Les conflits prolongés, en particulier dans le nord-est du Nigéria, la Somalie, le Soudan du sud et le Yémen, qui fait également face à une crise alimentaire, ont fortement contribué à ce que 30 millions de personnes, principalement des enfants, se retrouvent confrontés à une situation d’insécurité alimentaire grave, avec 20 millions d’entre eux risquant de sombrer dans la famine, souligne la FAO.