Abonné

Hervé Plagnol, rédacteur en chef Confiance

- - 2 min

Manifestement, le président de la République aurait préféré que les syndicats agricoles majoritaires jouent plus franchement la carte du oui au référendum pour la constitution européenne. La tonalité des propos de Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, à la sortie de sa rencontre à l’Élysée en a donné très clairement l’impression. Le 24 février, celui-ci s’est livré à un plaidoyer pour le oui comme rarement il l’avait fait encore.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La visite de Mariann Fischer Boel, commissaire européen à l’agriculture sur le salon agricole, doit être également analysée dans ce contexte préalable au référendum. Cette visite fait partie d’un ensemble de démarches qui visent à redonner confiance dans les institutions européennes au monde agricole. La tâche ne sera pas aisée. Les paysans français se sont sentis quelque peu trahis par une Europe qui avait su comprendre jusque-là leurs aspirations. La commissaire à l’agriculture, après la rudesse de son prédécesseur, se force à être bienveillante, annonçant qu’elle comprend les difficultés et qu’elle fera le maximum dans les limites légales pour assurer les meilleures conditions à la mise en œuvre de la Pac. Il en faudra un peu plus, et des actes surtout, pour relancer la confiance des agriculteurs dans l’Europe. Les hommes et les femmes politiques ne se sont apparemment pas rendus compte des ruptures que va entraîner la réforme de la Pac. Avec la généralisation des aides découplées de la production, ce sont tous les aspects des exploitations qui vont se trouver bouleversés : aspects fonciers, économiques, juridiques, techniques, etc. A cela s’ajoute la conditionnalité des aides qui figure telle une cerise amère sur le gâteau… la confiance doit bel et bien être rétablie, mais ce sera dur.