Le Sial qui ouvre ses portes ce week-end accueillera, outre le Président de la République qui l’inaugure, le traditionnel défilé de nombre de ministres. Ils viendront tous défendre haut et fort les mérites de l’industrie agroalimentaire nationale, ses atouts pour la conquête des marchés extérieurs, sa qualité inégalée et reconnue dans le monde. Le discours est rodé depuis quelques jours déjà, tout en pointant du doigt les efforts qu’il reste à accomplir pour gagner en compétitivité. Et d’insister sur une recherche et développement insuffisante et pourtant indispensable pour gagner la bataille de l’innovation, sésame de la croissance future. Fermez le ban. Certes, le Sial, supermarché mondial et grand messe l’innovation est un beau rendez-vous pour mettre en avant ses nouveautés. Mais le bât blesse du côté des munitions : sans marges, comment financer l’effort de recherche ? Les chefs d’entreprise n’ont de cesse de dénoncer l’érosion de leurs marges bénéficiaires, prises en étau entre la hausse des matières premières et les exigences de la grande distribution, un phénomène auquel personne ne trouve de solution en France, tant la situation est dissymétrique entre nos milliers de PME et notre poignée de distributeurs. Tout riche d’innovation qu’il soit, le Sial ne fait que représenter l’état d’un marché, et il sera intéressant de voir ce que proposent les exposants des pays émergents et si on pourra parler d’un grand cru ou pas pour l’Europe... Reste que face à des émergents en chasse sur les mêmes marchés que les entreprises françaises, ces dernières peuvent valoriser la qualité de leur production, la traçabilité et la sécurité sanitaire. La confiance fait également partie des clés pour réussir.
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