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Conflit d’intérêt

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Un article du quotidien Le Monde concernant une enquête sur l’étiquetage nutritionnel a fait grand bruit en secouant la communauté des experts. Il expliquait, non sans adopter un air quelque peu justicier et moralisateur, que bon nombre de personnes chargées de superviser une enquête sur l’étiquetage nutritionnel avaient partie liée avec l’industrie agroalimentaire. Et donc sont coupables de conflit d’intérêt. Les uns avaient conseillé des entreprises, les autres avaient fait financer leur labo par des industriels, etc. Presque tous, cependant, dans leur déclaration, avaient annoncé ces attaches.

Au-delà des polémiques, en prenant un peu de recul, on peut faire les deux remarques suivantes :

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1. Il n’y a pas si longtemps, on jugeait tout-à-fait sain, pour l’Etat, de s’enquérir des positions de ceux qu’on appelait à l’époque « les forces vives de la nation » avant de décider d’une loi ou d’un règlement. C’était un moyen pour ne pas laisser la production de règles publiques aux mains des énarques qui ne savaient pas ce qu’était une entreprise. La mode a changé. Aujourd’hui ces pratiques ont changé. Le moindre lien avec une entreprise est honni, signe de culpabilité, en tout cas par ceux qui forment l’opinion publique, la presse en particulier.

2. A force d’invoquer cette méfiance, ce risque de conflit d’intérêt, on va revenir vers un système où les règlementations seront édictées par de respectables hauts fonctionnaires ou bien par des politiques calfeutrés dans un bunker, à force de refuser le contact avec ceux qui produisent, les entreprises. Pourquoi ne pas accepter leurs positions, leurs avis, voire leur lobbying, à condition que cela se fasse en toute clarté ? Non. En France, le terme de lobbying est toujours un gros mot. On le combat avec les mots de « conflit d’intérêt ». Décidément, on ne peut s’empêcher, une fois encore, de faire de l’idéologie plutôt que d’être pragmatiques.