À l’occasion de la séance de clôture du congrès de la FNSEA, le ministre de l’Agriculture et la présidente de la FNSEA ont affiché une vraie proximité.
Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a été plusieurs fois applaudi durant son discours de clôture du congrès de la FNSEA, à Besançon le 29 mars, dans lequel il a égrené la liste des dossiers traités durant son mandat, sans toutefois les « détailler » mettant en avant son « devoir de réserve » en période pré-électorale. Une satisfaction relayée sur scène par la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, qui a salué « la force et le courage » manifestés par le ministère de l’Agriculture sous son mandat, citant notamment le dossier des néonicotinoïdes. Et d’évoquer, en tant que présidente du Copa-Cogeca, la formation d’une « équipe France » avec le ministre actuellement président du conseil agricole européen. En retour, Julien Denormandie a salué une « relation de confiance et d’exigence » avec la FNSEA.
Une proximité sur la forme qui faisait écho à des vraies convergences sur le fond. En effet, dans son discours, Christiane Lambert a détaillé les demandes de la FNSEA, notamment la création d’un « fonds spécifique » de cinq ans, doté de 500 millions d’euros par an, dédié à accompagner les agriculteurs dans de nouvelles pratiques. Ce fonds viendrait prendre la suite du Plan de relance, précise-t-on à la FNSEA. Et Christiane Lambert de lister des demandes déjà connues de révision de la stratégie de la Ferme à la table, de « simplification » des normes, d’exonérations (TODE, plus-values…), de réforme foncière ou de chèque alimentaire… Une grande partie d’entre elles figurent dans le programme LREM.
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Investissement et « simplification »
Elles ont d’ailleurs fait écho à l’intervention vidéo du candidat Emmanuel Macron le lendemain, à l’occasion du Grand oral agricole. En matière de simplification, le président sortant a annoncé une « grande loi », qui bénéficierait notamment aux projets de méthanisation. Il a rappelé sa promesse d’une « pérennisation » du TODE (exonération sociale pour les saisonniers), d’une loi d’orientation agricole portant notamment sur le foncier. Et de proposer de classer les terres agricoles comme « actifs stratégiques ». Concernant la stratégie de la Ferme à la table, le président sortant a proposé de « combiner » les objectifs environnementaux avec la « mission nourricière de l’agriculture ». « Mener les transitions est nécessaire, mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue la mission nourricière de l’agriculture. […] Il nous faut réussir à combiner les deux, c’est possible à condition d’investir ». M. Macron a estimé que « la situation géopolitique nous rappelle la nécessité de produire plus ».
Enfin, la FNSEA et le ministre de l’Agriculture se sont rejoints dans leur critique des actions syndicales impliquant la Confédération paysanne, notamment la récente manifestation contre un projet de stockage d’eau dans la région du Marais poitevin.