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Congrès de la FNSEA : propositions et acquis du syndicalisme majoritaire

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Au-delà du rapport d'orientation sur l'Europe (lire Agra Presse du 27 mars, en rubrique Evénement) adopté sans vote contre, le congrès de Brest a permis au syndicalisme majoritaire de présenter ses propositions aux candidats à l’élection présidentielle et de faire le bilan syndical de l’année écoulée. Les principaux acquis sont la création du comité de rénovation des normes (Corena) et la baisse des cotisations sociales de 7 points. Le sujet qui est le plus revenu dans les débats reste l’image de l’agriculture et sa défense face aux attaques de médias et d’ONG, devant lesquelles le syndicalisme semble aujourd’hui impuissant.

À la veille de la table ronde organisée par le Conseil de l’agriculture française (Caf) qui a réuni sept candidats à l’élection présidentielle, la présidente par intérim de la FNSEA, Christiane Lambert a présenté les trois orientations qu’elle souhaitait voir prises par le futur gouvernement en matière d’agriculture : « assurer la compétitivité et la croissance de l’agriculture », « se donner les moyens d’une agriculture durable » et « accroître la résilience des exploitations ».
Concernant la compétitivité, la FNSEA plaide notamment pour une majoration du crédit d’impôts compétitivité emploi (CICE) et la mise en place d’une TVA sociale. Pour accroître la « résilience », elle demande notamment la mise en place d’une « vraie réserve de précaution », un « mécanisme de lissage de l’impôt sur le revenu » et l’abaissement du seuil de déclenchement de l’assurance récolte. En matière d’environnement, elle plaide pour que l’on passe d’une logique punitive à une logique incitative et des démarches de progrès.

Le Corena et la baisse des charges, principaux acquis

Lors de son congrès, la FNSEA est revenue sur les acquis de l’année 2016 ; la principale est la création du Comité de rénovation des normes agricoles (Corena), par le Premier ministre de l’époque Manuel Valls. Une instance créée en mars 2016 où ne siège aucune ONG et dont la mission est de « travailler à la simplification des normes existantes et revoir la méthode d’élaboration des normes applicables dans les exploitations agricoles ». « Le Corena est une bonne instance à pérenniser », s’est félicité le secrétaire général Daniel Prieur. L’autre principale victoire de l’année pour la FNSEA aura été la baisse pérenne de 7 points des cotisations sociales obtenue en février.

« L’image des agriculteurs est un capital précieux »

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Il reste en revanche un chantier auquel veut s’attaquer la FNSEA, l’image de son métier et les attaques qu’il subit. « Au-delà des deux émissions à charge contre la FNSEA, combien ont donné une image orientée de l’agriculture ?, regrette le secrétaire général adjoint Jérome Despey. Nous sommes devenus le sujet de prédilection du service public ». Le vice-président de la région Bretagne, Loic Chesnais-Girard, a également fustigé les « associations extrémistes ». Il estime que « l’image des agriculteurs est un capital précieux » et que « nous avons une bataille à mener. » Pour ce faire, il propose de soutenir l’investissement dans la modernisation des bâtiments : « C’est l’image de l’agriculture pour les 20-30 prochaines années que nous devons préparer », estime-t-il. De son côté, Jérome Despey, propose à la FNSEA de « se former davantage à la communication ». Et de conclure : « Nous avons longtemps cru que bien faire son métier était suffisant, ce n’est plus le cas ».

La FNSEA persiste à ne pas vouloir rendre l’assurance récolte obligatoire

Au congrès de la FNSEA à Brest le 29 mars, la discussion du rapport d’orientation a notamment porté sur l’idée de rendre obligatoires les assurances récolte. L’actuel bureau de la FNSEA a décidé de ne pas soutenir l’idée de les rendre obligatoires et a préféré défendre « une forte incitation » à contracter ces assurances et « une plus grande mutualisation ». Parmi les congressistes, le vice-président Joël Limouzin a défendu l’idée qu’elles soient rendues obligatoires. Idée rejetée par le bureau, par la voix de Jérome Volle. Toutefois, le secrétaire général Jérome Despey a plaidé pour aller « plus loin qu’une incitation », pour qu’une « étape soit franchie », et obtenu que soit inscrit dans le rapport la volonté d’une « plus grande mutualisation ». Le nouveau président des anciens exploitants, Jacques Dufrechou a exhorté ses collègues à entamer « un travail de fourmi dans notre entourage, nos associations, pour parler de notre métier ».