Selon Christophe Dequidt, directeur du cabinet de conseil Campus Triangle, et auteur du livre « le tour du monde des moissons », on peut regrouper les pays en trois grands types selon l’organisation du conseil et de la vente de produits phytosanitaires.
En matière d’organisation autour des produits phyto, le premier groupe de pays rassemble ceux où le conseil et la vente sont séparés depuis très longtemps. « Soit c’est le marché qui a conduit à une telle situation, soit c’est l’État qui l’a décidé et organisé », explique Christophe Dequidt. Dans le premier cas, on trouve la Grande-Bretagne. « Les fermes y sont très grandes, avec à leur tête des chefs de culture qui ont une approche économique. Ceux-ci font appel à des distributeurs et des conseillers privés. Le conseiller préconise une quantité de matière active et le chef de culture va chercher le produit commercial correspondant le moins cher », explique-t-il. En Allemagne, le conseil est assuré par les équivalents des chambres d’agriculture, et la vente par des coopératives de 1er degré très locales qui achètent leurs intrants à l’une des 6 coopératives de 2e degré (Baywa, ZG Raiffaisen…). Le système est sensiblement identique en Espagne.
Dans le deuxième cas, on trouve le Danemark qui a eu une politique environnementale drastique dans les années quatre-vingt-dix en décidant de séparer la vente et le conseil. « Le syndicat majoritaire a pris le conseil et les coopératives ont continué à vendre les intrants. Le syndicat a créé un institut technique et des centres locaux où les conseillers jouent aussi le rôle de contrôleurs », ce qui engendre une perte de confiance. Selon lui, cela a conduit au développement d’un commerce parallèle des pesticides. « Et aucun de ces modèles n’a eu un impact fort sur la baisse de l’utilisation des produits phyto », souligne-t-il.
À l’Est, un conseil privé qui s’appuie sur les firmes phyto
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Le deuxième groupe est constitué des grands pays de l’est de l’Europe, mais aussi l’est de l’Allemagne où le conseil privé s’est organisé autour des firmes phytosanitaires qui font de l’expérimentation dans les grandes exploitations. « Les essais des firmes deviennent les références pour le pays ». Conseil et vente sont séparés, mais cela ne fait pas baisser l’usage des pesticides.
Le troisième groupe est celui de la France avec une imbrication forte entre conseil et vente, et une expérimentation qui est assurée par des instituts techniques mais aussi par les distributeurs ; avec plusieurs réseaux de conseillers issus des coopératives et négoces et des chambres d’agriculture.
« Aucun de ces modèles n’a eu un impact fort sur la baisse de l’utilisation des produits phyto »