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On connaît la culture du consensus allemand. Cette capacité, après une concertation parfois longue, d'obtenir que tous les agents économiques aillent dans le même sens dans la recherche d'un objectif. En matière de compétitivité des produits agricoles, on a bien l'impression que nos voisins d'outre-Rhin agissent ainsi. Qu'il s'agisse de permettre l'obtention d'un revenu complémentaire grâce à la production d'énergie (éoliennes, biogaz), d'appliquer une réglementation sociale pour que les employeurs bénéficient de coûts de main d'œuvre peu élevés, d'instituer une règle de TVA qui bénéficie aux exploitations agricoles plutôt extensives mais pas forcément de petite taille, d'avoir des institutions financières et coopératives efficaces… tous ces atouts sont au rendez-vous des exploitations agricoles allemandes. C'est au lendemain de la réunification que l'Allemagne a commencé à promouvoir une politique visant à soutenir la compétitivité de ses produits agricoles et alimentaires. Depuis, quel que soit le parti au pouvoir, cette politique n'a pas dévié d'un pouce.
Une situation qui conduit à s'interroger : au-delà de tel ou tel avantage comparatif, c'est la capacité à s'unir sur un objectif qui fait la force des acteurs de l'économie allemande, en l'occurrence dans l'agriculture. Plutôt que de se borner à vouloir reproduire une réglementation de ce type en France, on devrait se demander pourquoi on est incapable de mettre sous le boisseau des divergences politiques ou syndicales, de principe ou de circonstance pour pouvoir rester parmi les principaux opérateurs en agriculture et agroalimentaire. Ce n'est pas un outil ponctuel qu'il nous faut, mais une capacité à utiliser tous nos outils vers un but principal.
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