Les coopératives s’inquiètent des conséquences que le Grenelle de l’environnement pourrait avoir sur la prescription et la vente de produits phytos. Coop de France métiers du grain a réaffirmé sa position lors de son assemblée générale le 15 novembre. Un avis plutôt partagé.
Grenelle ou pas Grenelle, les coopératives veulent pouvoir faire du conseil et continuer à distribuer des produits phytos. A l’occasion de l’assemblée de section de Coop de France métiers du grain, le 13 novembre à Paris, Hubert Grallet n’a pas mâché ses mots : « Il n’est pas question, il n’a jamais été question, d’accepter que les coopératives renoncent au rôle de conseil technique aux agriculteurs », a-t-il affirmé sans détour. Le président a estimé qu’ « il ne faut pas se tromper de débat, ou se laisser entraîner dans des visions simplistes de la question ou des fausses bonnes solutions ». Autrement dit, dissocier conseil et vente peut avoir des conséquences négatives. Rien n’exclut de voir proliférer les discounters de phytos. Hubert Grallet a également souligné que l’indépendance des conseillers ne les garantira pas contre le démarchage que ne manqueront pas de faire les firmes de produits phytos, au même titre que l’industrie pharmaceutique s’intéresse aux médecins.
Faire monter le niveau global du conseil
Cette position est partagée par Michel Fosseprez, président d’Union InVivo. « Ce serait une bêtise d’aller vers la séparation des préconisations et de la distribution,estime-t-il. Il existe une obligation envers les marchés ». En cas de problème, qui porterait la responsabilité juridique d’une erreur, par exemple ? La réponse n’est pas claire. Pour le professionnel, il faut faire coexister le conseil que fournissent aujourd’hui les chambres d’agriculture avec ce que peuvent proposer les coopératives, afin de laisser un choix à l’exploitant. Mais « il faut faire monter le niveau global du conseil », explique-t-il. Autrement dit, l’ensemble des conseillers devra se faire certifier. Une idée à laquelle les chambres d’agriculture semblent désormais prêtes à se rallier. Au sein des coopératives, le principe est également à peu près acquis. Certaines structures s’inquiètent toutefois des contraintes matérielles auxquelles cette certification les conduira. Les experts du groupe technique opérationnel chargé de réfléchir sur le plan de réduction de l’usage des pesticides devraient fournir des réponses sur l’ensemble de ces sujets. Cette thématique fera partie de leur réflexion.
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Rendre visible les efforts des agriculteurs
Pour Michel Fosseprez, il est impératif de trouver des moyens de montrer à la société les efforts que font et ont fait les agriculteurs. « L’opinion publique ne s’en rend pas compte, car elle n’a pas de repères chiffrés », juge-t-il. D’où l’idée de profiter des données présentes dans les réseaux régionaux des chambres d’agriculture et des coopératives pour sortir des données lisibles, comme le kilométrage de bandes enherbées, par exemple.