Le premier transformateur français de tomates, Conserves de Provence-Le Cabanon a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de grande instance de Carpentras, dans le Vaucluse. Les syndicats mettent en avant la mauvaise gestion des anciens dirigeants mais restent confiants dans la pérennité de la société. Conserves de Provence présentera le 5 mai prochain un plan de continuation dont le tribunal devra juger de la faisabilité.
Acquis par le groupe chinois Chalkis en 2004, Conserves de Provence-Le Cabanon a été mis en redressement judiciaire par le tribunal de grande instance de Carpentras, dans le Vaucluse. La société a jusqu'au 5 mai prochain pour présenter un business plan de continuation au tribunal. Les syndicats avancent une mauvaise gestion de la part de la direction qui aurait vendu à perte pendant plusieurs mois. « Les nouveaux dirigeants ont aggravé notre endettement qui s'élève aujourd'hui à près de 8 millions d'euros. Les prix de nos produits n'ont pas augmenté et l'outil industriel souvent en panne mériterait d'être remplacé » indique un délégué syndical FGA-CFDT de la société, ajoutant « les banques ont décidé de ne plus nous soutenir financièrement ». Suite à la mise en redressement judiciaire, l'ancienne direction, notamment Eric Diers, a logiquement été prié de quitter l'entreprise. Il a été remplacé par Steven Ma, venu de l'industrie pharmaceutique allemande.
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Reprendre le contrôle des coûts
Cette situation arrive alors qu'à la fin 2004, Conserves de Provence se disait prête à un retour à l'équilibre. Un plan social avait notamment été mis en place conduisant à la suppression de 60 postes pour atteindre un effectif total de 220 personnes Cf Agra alimentation n°1898 du 29/09/2005 page 26. A l'époque, Chalkis prévoyait un rééchelonnement de la dette, de nouveaux investissements et la conquête de nouveaux marchés à l'export. En outre, la maison mère avait injecté 13 millions d'euros pour assainir les comptes de l'entreprise. Situé à Camaret dans le Vaucluse, Conserves de Provence traite environ 25 000 tonnes de tomates et près de 7 000 tonnes de légumes et de fruits frais servant à la fabrication de concentrés, sauces, pizzas, ratatouilles et autres compotes. La société a réalisé un chiffre d'affaires de 49 millions d'euros en 2006, contre 55 millions en 2005, pour une perte opérationnelle de 5 millions d'euros. La plan de continuation devrait prendre notamment en compte une rationalisation des coûts de production et une renégociation de ses prix de vente. « Aucun licenciement n'est envisagé, nous a assuré Steven Ma. Nous croyons en la possibilité de redresser l'entreprise » indique le délégué syndical.