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France Export Céréales Consolider les exportations françaises de blé par une offre de qualité

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Lors d’un colloque intitulé « Les céréales françaises face à leurs concurrents » organisé par France Export Céréales, à Paris le 17 mars, les représentants des filières d’exportation de céréales ont évoqué les moyens de consolider et de développer leurs marchés. Les aspects liés à la compétitivité des céréales françaises, ainsi qu’à leur accessibilité aux marchés extérieurs ont été abordés par les différents intervenants.

«L’accessibilité aux marchés extérieurs est une composante de la compétitivité des exportations de céréales françaises », a indiqué Loïc Desselas, directeur négoce pour le groupe Soufflet, lors d’un colloque organisé par France Export Céréales à Paris le 17 mars. Selon lui, l’accessibilité est la troisième composante de la compétitivité, après le prix et la qualité. « L’accès aux marchés extérieurs dépend des relations politiques, avec actuellement des risques de fermeture de certains marchés en Afrique suite aux heurts diplomatiques français avec la Libye », a indiqué Loïc Desselas. Ce dernier a aussi évoqué les aspects culturels, liés aux habitudes alimentaires, qualitatifs, ainsi que les liens bilatéraux entre Etats, comme des facteurs d’accessibilités aux marchés extérieurs.

Un marché segmenté en fonction des destinations

« Pour les blés français, les pays consommant du pains levés, type français, comme le sud de l’Europe, l’Algérie, le Maroc ou l’Afrique de l’ouest, constituent une voie royale », a expliqué Loïc Desselas. Il explique qu’en revanche, pour les « pains plats arabes » des mélanges de blés sont nécessaires, et que pour les pains de mie, type anglo-saxons, consommés au Nigéria et en Afrique australe, les blés français ont des difficultés d’accès. Pour certaines destinations, les blé français peuvent passer si leurs prix sont compétitifs, car sinon les qualités russes sont idéales. « Sur le Yemen, le Liban ou la Syrie les taux de gluten humide à 22%, exigés par les cahiers des charges, sont souvent discriminants pour les blés français même si une partie de la production peut répondre à ces critères », a indiqué Loïc Desselas. Il a enfin expliqué que sur des destinations comme l’Iran, l’Irak ou l’Arabie saoudite, les blés français ne passaient pas, sauf réfaction, en raison de leur taux de gluten trop faible.

La mer Noire devient un concurrent sérieux pour la France

« De nombreux investissements en Russie, en Ukraine ou au Kazakhstan ont permis d’améliorer le traitement des blés de la mer Noire à l’export », a montré Loïc Desselas. Pour lui, les points forts de ces origines sont leur taux de protéines et de gluten élevés, en revanche la force boulangère (W) est moindre et les dégâts d’insectes plus nombreux. C’est d’ailleurs ce dernier aspect qui sauve les blés français à l’export, notamment en direction de l’Algérie, a fait remarquer Philippe Hauchard, directeur général de Control Union Inspections France, un organisme de certification de la conformité des marchandises exportées. En effet, les intervenants se sont accordés sur le fait que le cahier des charges des importations de blé en Algérie, premier débouché des blés français, été fait pour les qualités hexagonales. « Un taux de grains punaisés toléré très restrictif, à 0,1% par kilo de blé en Algérie, exclut pour le moment les origines mer Noire de cette destination », a expliqué Philippe Hauchard. Il indique qu’actuellement les blés russes ou ukrainiens connaissent des taux d’environ 1% de grains punaisés dans leurs lots exportés.

Consolider les débouchés du blé français à l’export par la qualité

En conclusion, les intervenants ont mis en garde les opérateurs français contre un retour d’une offre qualitative de blés originaires de la mer Noire sur le marché mondial. En effet, ces derniers pourraient gagner des parts de marché sur les exportations françaises. Pour Philippe Hauchard, « un taux de poussière élevé dessert l’image des blés français à l’ouverture des cales et au déchargement à l’arrivée ». Avec 30% des blés français qui partent à l’export pays tiers, ce marché n’est plus une variable d’ajustement, ont répété les intervenants. Cependant, lorsque les Français réservent les meilleures qualités au marché intérieur et soldent le reste à l’export, les Russes font l’inverse avec des qualités exportées propres et de qualité. Enfin, Philippe Hauchard a formulé le souhait « d’instaurer une qualité plancher à l’export pour consolider et développer les marchés extérieurs pour les céréales françaises ».

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