En 1995, sur 100 euros dépensés par les Français pour leur alimentation, plus de 23 euros allaient vers les agriculteurs. Ce n'était déjà pas beaucoup. Quinze ans plus tard, en 2010, sur ces 100 euros, tout juste plus de 19 euros vont vers les agriculteurs. Voilà des chiffres très sérieux que vient de publier Philippe Chalmin et son Observatoire des prix et des marges. Entretemps, toujours selon ces données, la valeur ajoutée du commerce a dépassé 20 euros tandis que celle des agriculteurs n'atteint que 8 euros. Cela signifie que non seulement les produits alimentaires sont devenus plus élaborés, intégrant des services, de l'innovation et du marketing, mais aussi que la part du commerce (principalement la grande distribution) ainsi que sa valeur ajoutée se sont accrus et sont supérieurs à la valeur ajoutée de la production agricole. De fait, pour bon nombre de produits (porcs, volailles, yaourts…) la marge des grandes surfaces est supérieure au coût de la matière première agricole.
Faut-il s'en étonner ? Non. On le sait, un rapport de forces s'est institué entre les distributeurs et agriculteurs qui n'est pas favorable à ces derniers.
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L'agriculture n'est pas une exception. Dans nos sociétés occidentales, c'est la plupart du temps l'échelon aval qui a pris le pas sur l'amont : la culture, le textile, l'énergie, l'informatique et l'Internet : c'est l'échelon qui est en contact direct avec le consommateur qui est le maître, la plupart du temps. Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille rêver d'une agriculture qui achète Carrefour ou Leclerc ou mette en place des circuits de distribution qui suffise à les concurrencer. Mais tout ce qui peut regrouper l'offre et surtout mettre les agriculteurs en prise directe avec les consommateurs ne peut être que positifs pour eux. C'est en cela que les circuits courts ont du bon.