Une quinzaine d’associations ont demandé le 17 mai l’interdiction de l’ionisation des aliments, aux côtés d’Yves Cochet, député Vert, qui a présenté une proposition de résolution en vue de créer une commission d’enquête sur « l’impact des denrées traitées par radiations ionisantes ». Des analyses ont montré que l’ionisation détruit une part importante des vitamines et fait apparaître des composés dangereux dans les aliments. Des études sur l’animal révèlent un impact négatif sur la santé.
Le traitement par ionisation consiste à soumettre les aliments à une source électrique (électrons accélérés) ou radioactive (cobalt 60) en vue de détruire les bactéries et de bloquer la germination pour prolonger la vie des aliments. Des analyses montrent que ce traitement détruit une part importante des vitamines et augmente la part des radicaux libres des aliments. Il favorise encore l’apparition de composés dangereux pour la santé, ont expliqué plusieurs associations de consommateurs. D’autre part, l’ionisation n’est pas un procédé indispensable à la conservation, elle est souvent utilisée pour pallier des défauts d’hygiène dans les pays en voie de développement.
« Par ce procédé, on détruit les bactéries mais pas les toxines qu’elles ont produites et qui restent dans les aliments », explique François Veillerette, président du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF).
Peu d’études et peu de contrôles
Les associations de consommateurs rappellent que l’OMS avait programmé en 1961, pour connaître les effets de l’ionisation, une série d’études qui n’ont pas été réalisées (impact sur les protéines, les matières grasses, les hydrates de carbonne…). Cependant, plusieurs études ont mis en évidence des problèmes de santé graves chez les animaux nourris avec des aliments ionisés.
Actuellement en France, 16 catégories d’aliments peuvent être traités par ionisation (ail, oignon, légumes et fruits secs, flocons et germes de céréales, volailles…). L’étiquetage doit mentionner ce traitement. Mais peu de contrôles sont exercés (4 contrôles en France en 2002 contre 3 500 en Allemagne et 6 000 dans l’UE). D’autre part, la plupart des aliments ionisés sont importés de pays où l’étiquetage n’est pas obligatoire, ce qui rend difficile la connaissance des quantités d’aliments traités consommés en France. Le problème devrait s’accroître car une nouvelle norme du Codex alimentarius autorise désormais ce traitement pour un grand nombre d’aliments. Cette norme pourrait être imposée à l’Europe via l’OMC (une demande a été formulée en ce sens par un pays tiers). Des pays en voie de développement s’équipent déjà d’unités d’ionisation (Brésil, Afrique du Sud, Thaïlande, Philippine…).
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Un procédé qui pourrait se généraliser
« L’ionisation risque de prendre de l’ampleur car 80 % des aliments que nous consommons suivent des circuits internationaux et parcourent des milliers de kilomètres. Les grandes chaînes alimentaires ont besoin de délais de conservation longs», a expliqué Yves Cochet.
La commission d’enquête demandée par les Verts se proposerait notamment d’examiner le respect de la réglementation concernant l’étiquetage, la production et l’importation des aliments ionisés ; de déterminer la place réelle de ces aliments dans le régime alimentaire français et d’évaluer les risques de leur consommation pour la santé humaine et animale.
Les associations lancent de leur côté un appel national pour l’interdiction de l’irradation des aliments et de leur commercialisation. Car, selon elles, l’ionisation sert surtout à « réduire les coûts de production en contournant les normes sanitaires », à « allonger la durée de conservation des aliments » et à « supprimer le dernier obstacle à la circulation mondiale des produits » alimentaires.