Le syndicat des biscuitiers n’a pas l’intention de se laisser dicter sa conduite par le discours santé ambiant, souvent exagéré. S’appuyant sur une étude TNS Sofres, les Biscuitiers de France favorisent une réflexion autour du goûter et de l’équilibre nutritionnel de l’enfant et de l’adulte, avec un mot d’ordre pour le moins surprenant, pour qui veille à sa santé et à sa ligne : le plaisir ! Non aux privations, aux produits allégés, pauvres en sucre ou sans chocolat ! Pour un goûter équilibré, il faut avant tout du bon sens. Il ne s’agit pas de faire des cases, de différencier les bons et les mauvais biscuits, mais plutôt de veiller à la variété et à la quantité.
Un syndicat de l’industrie agroalimentaire responsable n’est pas nécessairement un syndicat qui n’a que les mots « santé » et « nutrition » à la bouche. Chez les Biscuitiers de France, on parle volontiers de plaisir, de gourmandise, et même de goûter, sans la moindre culpabilité. Une étude menée par TNS-Sofres en avril 2006 pour les Biscuitiers de France montre que le goûter est une habitude familière et régulière des familles françaises, empreinte de valeurs affectives fortes telles que le plaisir, la convivialité, le partage. Le goûter est vécu par les mères comme un moment de détente nécessaire à l’équilibre nutritionnel des enfants, et un moment de plaisir. Le syndicat des biscuitiers va dans le même sens. « Le goûter est un moment qui répond à des besoins physiologiques en période de croissance et contribue à l’équilibre global de l’alimentation des enfants», affirme Gérard Lebaudy (Biscuiterie de l’Abbaye), président des industriels français. Parmi les produits consommés au goûter, le biscuit est le premier aliment céréalier.
Les biscuits : des produits aux caractéristiques nutritionnelles variées
S’ils contiennent en moyenne 43 % de céréales, composante avec un produit laitier et un fruit d’un goûter ou d’un petit-déjeuner équilibré, certains biscuits en contiennent jusqu’à 80 % alors que d’autres n’incorporent que 25 % de céréales. Et pourtant, les biscuitiers ne cèdent pas au raz-de-marée nutritionnel qui emporte toute trace de sucre ou de graisse sur son passage. « Nous n’allons pas mettre à l’index certains produits ou changer les recettes pour pouvoir mettre en avant des bénéfices santé », déclare Gérard Lebaudy avec fermeté. D’ailleurs, lorsque Danone a proposé sa Danette avec 25 % de sucre en moins, les consommateurs ont déserté. « L’important n’est pas la valeur nutritionnelle, mais l’usage que l’on fait du produit », ajoute-t-il. Désireux de ne pas jouer la seule carte santé, de ne pas relayer le plaisir au second plan, le syndicat ne se considère pas pour autant irresponsable. Il met en avant un mode de consommation équilibré, qui repose avant tout sur le bon sens.
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La nutrition à l’école du bon sens
« Je n’approuve pas la mise en avant d’un processus nutritionnel stéréotypé », déclare le professeur Bernard Guy-Grand, ancien chef de service de nutrition de l’Hotel-Dieu, invité par le syndicat. « L’important, c’est de jouer sur la nature du goûter, les quantités, la variété. La diététique, poursuit-il, c’est beaucoup de bon sens et un peu de science ». Il existe une infinité de combinaisons potentielles à choisir en fonction des goûts. « Si l’enfant consomme des biscuits riches en glucides simples, il sera de bon ton de les associer à un yaourt nature et une boisson non sucrée. Si ce sont des biscuits chocolatés, relativement plus gras, peut-être qu’un verre de lait 1/2 écrémé sera opportun et un jus de fruit préféré à un soda », explique avec simplicité le spécialiste. « Il est évident qu’il vaut mieux donner à son enfant un verre de lait qu’un cola, mais boire un soda une fois par semaine n’a rien de grave », renchérit Cécile Rauzy, diététicienne. Et celle-ci de constater que les enfants qui goûtent absorbent davantage de calories, mais ne sont pas plus gros que les autres.
Des repères de consommation pour un goûter équilibré
Afin d’aider les mères à fournir à leur enfant un goûter équilibré, le syndicat, soucieux malgré tout de l’équilibre nutritionnel des consommateurs, a mis en place des repères de consommation afin de se faire plaisir sans excès. Le but de ces repères est de faciliter l’adoption de bonnes pratiques, en fonction de ses besoins (âge, activité sportive…), mais sans mettre au placard son cookie ou sa madeleine préférée. Depuis début septembre, des actions sont donc menées auprès des professionnels de santé, sollicités dans le cadre de leurs consultations, afin de les sensibiliser sur l’importance du goûter et la place du biscuit au sein de ce repas, toujours bien différencié du grignotage. Pour Cécile Rauzy, « on n’arrivera pas à lutter contre l’obésité par des politiques ponctuelles. Il faut une politique d’ensemble », qui passe notamment par l’éducation au bon sens et à l’équilibre. Pour notre propre santé, nous sommes enfin autorisés à trouver, sur les pas de Marcel Proust, un infini plaisir, dans la dégustation d’une madeleine.