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Agriculture durable Construire de nouveaux outils de rémunération de l’agriculture

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Taxe carbone aux frontières de l’Europe ou nouvelle Pac : la compensation des efforts environnementaux de l’agriculture était au cœur des débats des 5e journées parlementaires de l’agriculture durable.

«Si nous voulons développer un modèle d’agriculture environnementale en Europe, nous devons avoir les mêmes exigences vis-à-vis des produits que nous importons. C’est le seul moyen d’assurer un revenu à l’agriculture, on ne pourra pas compter sur les aides européennes dans l’avenir », a prévenu le député socialiste des Côtes d’Armor à l’occasion des 5e journées parlementaires du développement durable le 1er décembre. Tous les experts réunis par les députés et sénateurs à la Maison de la chimie ont convenu que la future Pac (après 2013) aurait du mal à jouer un rôle central dans la rémunération de la production agricole.
Comme l’a rappelé Noël Dupuy, vice-président du Crédit agricole SA, « depuis 2007, le prix du blé français est de plus en plus corrélé au cours mondial ». L’agriculture européenne, si elle veut être durable, va donc devoir imaginer des outils de compensation compatibles avec les règles du commerce mondial. « Il faut bien sûr que l’agriculture soit rémunérée pour les services rendus à la société civile. Le marché ne le peut pas, comme le prix du blé est devenu celui du marché mondial », confirme l’économiste Philippe Chalmin. Mais il est quand même sceptique sur l’avenir du budget de la Pac qui « va de plus en plus vers le 2nd pilier c’est-à-dire du cofinancement ».

Une politique d’objectifs
Stéphane le Foll, député socialiste européen qui prépare actuellement un rapport pour le compte du Parlement de Strasbourg sur l’évolution de la Pac face au réchauffement climatique, estime, lui, que les mesures environnementales de la future Pac devront faire l’objet d’une politique d’objectifs – plutôt que de moyens – et être rémunérées de manière contractuelle. La recherche et la formation ont aussi leur rôle à jouer dans cet objectif commun de produire plus et mieux. Marion Guillou, p. -d. g. de l’Inra, a rappelé que les études EcophytoR&D (dont les résultats définitifs seront révélés le 28 janvier prochain) montrent qu’il est possible « de diminuer de manière importante l’usage des produits phytosanitaires sans que cela ait d’impact sur le volume de production moyennant plus de surveillance des cultures et la mise en place de procédures d’alerte par exemple ».

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