À la sortie d’une première réunion au ministère de l’Agriculture le 19 octobre faisant suite au récent discours d’Emmanuel Macron sur les États généraux de l’alimentation, Stéphane Travert a précisé en conférence de presse le calendrier de travail attendu sur le sujet des contrats de filières, demandés par le président de la République en contrepartie du relèvement du seuil de revente à perte (SRP). Les contrats de filière sont attendus par le ministère pour le 10 décembre. Le ministre de l’Agriculture recevra les filières à mi-parcours. Le président de la République les recevra en janvier. « Nous ne demandons pas toutes les réponses d’ici le 10 décembre, mais nous demandons de chiffrer les ambitions », a expliqué le ministre. Il attend des chiffres en matière de restauration collective, de filières de qualité (bio, AOP, traçabilité…), de trajectoires de baisse des intrants et de bien-être animal. Questionné sur une éventuelle conditionnalité du relèvement du SRP à la qualité des contrats de filière proposés, comme l’a laissé entendre Emmanuel Macron à Rungis, Stéphane Travert est resté obscur : « Il y a d’un côté la loi, et de l’autre les contrats de filière », a-t-il répondu.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La veille, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a proposé du « donnant-donnant » au président de la République et aux distributeurs. Elle demande au gouvernement de préciser son projet concernant le relèvement du seuil de revente à perte (SRP) pour les produits alimentaires, et aux distributeurs qu’ils signent « une charte d’engagements » pour les négociations commerciales qui vont bientôt démarrer sans aucune modification réglementaire, comme c’est également proposé par Serge Papin (Système U). De son côté, la FNSEA s’engage à travailler à la construction de contrats de filière « audacieux ». Christiane Lambert estime : « Nous ne pouvons pas avoir des coûts de production français et des prix polonais », et invite chaque filière à mettre en avant ses démarches de mise en avant de la qualité des produits français « pour mériter les hausses de prix ». Et de résumer : « Ce n’est pas du protectionnisme, c’est du patriotisme alimentaire ».