Si la région Bretagne perd de son influence sur le 3e plan algues vertes, l’agence de l’eau Loire-Bretagne prévoit de renforcer ses dotations, misant notamment sur les solutions fondées sur la « renaturation ».
« Dans les huit baies, aucune n’a atteint ses objectifs en matière de nitrates », résume Jérôme Martin, chef de service à la délégation Armorique de l’agence l’eau Loire-Bretagne. Comme le souligne la Cour des comptes dans son rapport de 2021, les plans algues vertes ont bien permis de faire passer la concentration sous 35 mg/L dans les huit baies en 2019, mais cet indicateur comme le volume d’échouage semblent stagner depuis le deuxième plan mis en œuvre en 2015.
À la suite du rapport de la Cour des comptes comme celui du sénateur Delcros, l’agence de l’eau s’inscrit donc dans les pas de la préfecture pour renforcer son action dans le cadre du 3e plan. Pour Jérôme Martin, en plus du volet réglementaire, le Plav3 marquera notamment le virage de la « renaturation », jusque-là « très peu développé » selon Jérôme Martin. En plus des enveloppes déjà dédiées aux MAEC, de nouveaux outils permettront donc de « redonner leur pouvoir tampon aux zones naturelles », espère-t-il.
Dans les ZSCE, les « contrats territoriaux » à destination des collectivités seront dotés de 10 M€ sur trois ans. Une enveloppe qui permettra de financer l’analyse des reliquats azotés en baie de St-Brieuc ou en baie de la Forêt, mais aussi de restaurer des milieux en Lieue de Grève ou à Douarnenez. « Nos objectifs principaux sont de remettre en herbe les zones humides, de préserver le bocage, et de recréer des bas-fonds », liste Jérôme Martin. Pour le précédent plan, 16 M€ avaient déjà été prévus sur ce type d’action, « mais ils n’ont pas été mobilisés », regrette Jérôme Martin.
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Les pesticides, principal problème régional
Dans les fermes, c’est la poursuite du projet de paiements pour systèmes environnementaux (PSE), doté de 8,80 M€ sur cinq ans, qui devrait participer à l’effort collectif pour passer de 10 à 40 % la part de surface contractualisée dans les baies. « Chaque projet est un peu différent », détaille Jérôme Martin. Le PSE en baie de St-Brieuc visera la préservation des zones humides, quand celui de la baie de l’Orne rémunérera les agriculteurs pour réduire leurs apports d’engrais minéraux, avec des montants progressifs en fonction de l’effort.
Ces projets, rappellent Jérome Martin « représentent un investissement conséquent », sur les 70 à 80 M€ de budget annuels de sa délégation. Les nitrates ne sont cependant pas forcément le principal problème de l’agence à l’échelle régionale, rappelle-t-il. « Pour les masses d’eau les plus dégradées, essentiellement à l’est de la région, la pression la plus prégnante est celle des pesticides. » Autre enjeu : la pression morphologique, avec les travaux sur de nombreux cours d’eau que l’agence espère « remettre dans leurs lits d’origine », pour mieux stocker l’eau et faciliter son traitement naturel.