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En pleine période jugée plutôt favorable par le grand public pour les agriculteurs, ceux-ci ont manifesté dans toute la France. Passons sur, ici ou là, des motivations empreintes, sans doute, d’une connotation politique (contester un gouvernement socialiste à travers son ministre de l’Agriculture) ou professionnelle (rappeler aux électeurs des chambres d’agriculture que le syndicalisme majoritaire est bien combatif) : le message qui a fait l’objet d’une belle mobilisation est clair. L’empilement des réglementations environnementales est ressenti comme une menace sur le développement voire la viabilité des exploitations. Le moment est crucial. De nouvelles règles sont envisagées, notamment pour renforcer la lutte contre l’excès de nitrates dans les eaux. De nouvelles normes apparaissent alors que parfois les agriculteurs n’ont même pas fini de financer les investissements précédents.
De fait, le message environnemental ne passe toujours pas bien dans le monde agricole. Le discours très régulier de Stéphane Le Foll sur le fait qu’on peut à la fois produire mieux et plus, n’est pas bien passé dans les campagnes. L’écologie est encore vécue, par la majorité des paysans , comme un empêchement de produire en dégageant un revenu légitime.
Le gouvernement aurait tort de négliger ce malaise en considérant que les agriculteurs sont des râleurs quoiqu’il arrive. Il n’y aura pas d’agroécologie sans l’adhésion des agriculteurs. D’autant que les moyens financiers de l’Etat sont bien modestes. C’est sur l’adhésion que compte surtout Stéphane Le Foll. Mais celle-ci ne semble pas encore au rendez-vous. Ce qui peut faire craindre qu’à l’heure des bilans les résultats soient bien minces. Ce qui justifierait… de nouvelles contraintes ! Stéphane Le Foll doit encore déployer son énergie pour convaincre.
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