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Métiers du grain Coop de France conseille une gouvernance rénovée face à la volatilité

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La volatilité des cours des grandes cultures implique des risques nouveaux pour les coopératives de cérales appro. Dans un Guide de gestion du risque prix, Coop de France métier du grain donne des recommandations à ses adhérents pour mieux gérer ces risques.

Avant tout, adapter la gouvernance des coopératives. Autrement dit, surtout, séparer les niveaux de décision, d’exécution et de contrôle. Voilà une des mesures préconisées par Coop de France Métiers du grain dans un Guide de la gestion du risque prix destiné à ses adhérents. Un guide de 34 pages, assez explicite, préconisant une organisation et un fonctionnement adapté au nouveau contexte de volatilité des grandes cultures. Pas question de renoncer aux outils du type marché à terme, pas question non plus de nier l’évidence, mais il faut en revanche s’organiser pour éviter les risques majeurs qui ont pu être constatés dans des domaines comme la finance.
Le guide évoque aussi les relations avec les agriculteurs adhérents. Enjeu : la part et la manière de traiter les demandes de prix de campagne ou de prix ferme émanant des adhérents. Les apports en prix ferme, qui avaient explosé durant la grande flambée des prix, sont redevenus plus conformes aux habitudes. Mais la question est surtout de savoir qui assume le risque et dans quelle proportion. Ainsi, le guide évoque la possibilité de proposer des prix de campagne (prix moyens) différenciés, selon le degré de délégation qu’est prêt à accorder l’agriculteur à sa coopérative. A cette délégation correspond alors une stratégie de prix que devra déployer la coopérative. Mais dans tous les cas, insiste le guide, l’important est d’avoir une formalisation contractuelle très claire afin que chacun sache le risque qu’il assume et ce qu’il peut attendre de l’autre. Dans le cas d’un apport à prix ferme, c’est l’agriculteur qui assume le risque. Mais s’il y a un prix contractualisé à l’avance, la coopérative prend un risque sur sa marge. D’où l’importance de bien définir les objectifs de marge et les règles de couverture des apports à prix ferme.
Dans tous les cas de figure, le guide de gestion préconise un effort particulier d’évaluation du risque de la Coopérative de céréales-appro. C’est ensuite qu’elle peut définir le cadre de gestion des risques, ses stratégies de couverture à terme, les limites qu’elle s’impose et les indicateurs de suivi à mettre en place.

Prix incertains
Ce guide de gestion sera diffusé dans un contexte qui reste très volatil pour les grandes cultures au niveau mondial. Les prix sont en fait déterminés par la tension qui existe sur le marché du maïs, aux États-Unis principalement. Alors que les stocks mondiaux de blé ne sont pas inquiétants, les stocks de maïs aux États-Unis atteignent des niveaux préoccupants. De plus, les prévisions de rendements du maïs qui avaient été fixées à un niveau assez élevé ne semblent pas devoir tenir leurs promesses. La réalité s’approche plutôt de 9,5 tonnes/ha que des 10t/ha annoncés. En tout état de cause, la prochaine campagne s’organise déjà. « Les opérateurs n’ont plus grand-chose à vendre et préparent déjà la prochaine récolte », affirme Anne-Laure Paumier, responsable des marchés chez Coop de France Métiers du grain. Les hypothèses sont incertaines mais plutôt haussières. L’offre de la région Mer Noire est attendue en baisse de 25%. Tout dépendra en fait du ma¨ss américain. Face à cela, la demande émanant de l’alimentation animale est incertaine : au niveau mondial, la composante maïs prendra le pas sur celle de blé. Mais quel sera le prix du soja ? Sera-t-il toujours élevé ? L’élevage lui-même sera-t-il porteur, et dans quelles proportions ? Autant de questions qui n’ont pas encore de réponse. C’est cela aussi la volatilité des prix.

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