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Chaîne alimentaire Coop de France crée un pôle agroalimentaire pour la reconquête de valeur

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La fédération des coopératives françaises Coop de France crée un pôle agroalimentaire pour partir à la reconquête de valeur des produits tout au long de la chaîne alimentaire, a-t-elle annoncé le 20 octobre au Sial. L'objectif est de contrer la tendance à la baisse des prix et de la qualité.

PHILIPPE Mangin, président de Coop de France, a annoncé le 20 octobre, en présence du Premier ministre Manuel Valls et du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, la création de Coop de France agroalimentaire, un pôle agroalimentaire pour la reconquête de valeur tout au long de la chaîne alimentaire, de la production à la distribution. « Nous pensons qu'il est inutile de s'égarer vers d'autres objectifs que ceux de la conquête de croissance et de valeur ajoutée pour lutter contre la première souffrance de notre société : le chômage et l'aggravation de la pauvreté », a-t-il déclaré, après avoir prévenu : « Le temps nous est compté ».

Du lobbying pour construire les conditions générales de vente

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Le pôle agroalimentaire de Coop de France « n'est pas une structure de plus ». Cette fédération sectorielle au sein de Coop de France est un pôle « d'expertise, de conseils et d'expression », et finalement « de lobbying », a résumé Philippe Mangin. Il rassemblera toutes les entreprises à capitaux coopératifs : les coopératives elles-mêmes, plus 660 sociétés détenues par les coopératives, a précisé Philippe Mangin. Il aidera, entre autres, les coopératives à construire les conditions générales de vente (CGV), socle essentiel de la négociation avec les distributeurs, et renforcé par la loi consommation. À cet égard, Coop de France ne demande pas une autre loi, mais sa parfaite application. « Il faut que Coop de France soit en mesure de construire les CGV », et dans ce domaine, la demande des coopératives adhérentes de Coop de France est soutenue, a ajouté Philippe Mangin. Lors de la présentation du lancement de Coop de France agroalimentaire, le constat de tous les représentants de la filière alimentaire était unanime : il faut sortir de la guerre des prix en augmentant la valeur des produits. « C'est par le haut que les filières s'en sortiront », a commenté Thierry Blandinières, président du groupe InVivo, citant le cas du jambon cuit. « La guerre des prix, ce n'est plus possible, il faut qu'on en sorte par le haut », a repris en écho Jean-Philippe Girard, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania). « La seule solution est la création de valeur », a souligné Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), rappelant toutes les actions qui peuvent être créatrices de valeur quand elles sont entreprises autour de l'origine des produits.

L'obligation de renégocier les prix en cas de hausse des matières premières devient effective

L'obligation de renégocier les prix, entre fournisseurs agroalimentaires, producteurs agricoles et les grandes surfaces de distribution, en cas de forte variation des matières premières, devient effective. Le décret d'application de la loi sur la consommation (dite loi Hamon) sur ce sujet est paru au Journal officiel du 16 octobre. Ce dispositif est notamment applicable à la vente du lait et des produits laitiers, des produits de la pisciculture, de la viande, des œufs et des pâtes alimentaires. La clause de renégociation doit être incluse dans les contrats de vente des produits et notamment les contrats qui lient les agriculteurs aux industriels. Les co-contractants ne sont pas tenus de parvenir à un accord lors de la renégociation du contrat, mais cette mesure permettra aux entreprises mises en difficulté d'obtenir rapidement un rendez-vous, estiment certains industriels. « Nous nous plaignons depuis des lustres que les clients nous mettent sous pression quand ça baisse, et qu'ils freinent les discussions quand ça augmente. La clause de renégociation permettra d'éviter l'attitude de la grande distribution qui ralentit les discussions et nie les réalités économiques », explique Robert Volut, président de la Fict (industrie de la charcuterie). « C'est important pour les industries comme les nôtres où les matières premières représentent 40% du chiffre d'affaires ». En revanche, pour le vice-président de l'Ania (industries agroalimentaires), Jérôme Foucault, président de Cofigeo (numéro 2 français des plats cuisinés), il s'agit d'une « complexification inutile », « qui ne pourra aller que dans un sens », celui de la distribution. Dans les allées du Sial, un industriel confit qu'il n'envisage pas d'utiliser cette clause face aux distributeurs. Il la juge «inapplicable».