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Coop de France dévoile un guide de gouvernance

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La fédération des coopératives agricoles veut améliorer la gouvernance des entreprises de son réseau, en mettant en avant une série de bonnes pratiques déjà mises en place par certaines d’entre elles. Le président de Coop de France promet d’être « vigilant sur son application ».

Après un an de travaux, lancés peu après la fin des États généraux de l’alimentation et concomitamment aux réflexions du ministère de l’Agriculture sur le statut des coopératives, Coop de France a présenté, en conférence de presse le 19 février, un guide de gouvernance des coopératives. « Il existe des évolutions réglementaires nécessaires, mais nous voulons aussi faire évoluer de façon volontaire notre modèle », a expliqué leur président Dominique Chargé. Le guide ne sera pas obligatoire ; il a vocation à « mieux formaliser les bonnes pratiques et à les répandre au sein des coopératives, a-t-il précisé. Toutefois, « nous serons vigilants sur son application, car nous savons que nous sommes attendus ». Le document se compose de neuf chapitres (voir encadré), qui vont de « l’animation démocratique des assemblées générales ordinaires annuelles » à la mise en place de comités spécialisés (d’audit ou de rémunération).

« Toutes les coopératives sont concernées, quelle que soit la taille »

Le guide et son application dans le réseau seront évalués chaque année par le Haut conseil de la coopération agricole (HCCA), souhaite Coop de France. « Nous sommes dans une démarche d’amélioration continue », explique son président. Sur le fond, ce guide ne vise pas seulement à répondre aux difficultés de gouvernance liées à la taille croissante des coopératives : « Toutes les coopératives sont concernées, quelle que soit la taille », assure le président. D’autres phénomènes bouleversent la gouvernance des coop' : « Dans le secteur laitier, nous étions dans une économie administrée, notre modèle était structuré en fonction des volumes permis par l’administration, et cela avait éloigné les éleveurs de leurs coopératives. Ce changement brutal (la sortie des quotas laitiers, ndlr) a mis en exergue la nécessité pour les coopératives d’être compétitives. » Pour Dominique Chargé, il faut « remettre, dans les coopératives, une nouvelle dynamique de progrès continu ».

« La majorité silencieuse s’exprime »

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Cette démarche intervient également dans un contexte de remise en cause de la proximité des coopératives avec leurs adhérents, que le réseau a souhaité évaluer. Le président de Coop de France a présenté les résultats d’un sondage réalisé auprès de 4 761 personnes, dans le but que « la majorité silencieuse s’exprime ». Les principaux enseignements retenus sont que « 70 % des répondants se déclarent proches de leur coopérative, dont 36 % très proches » ; que « 77 % des adhérents considèrent que le modèle coopératif répond aux défis de demain » et que « le premier facteur explicatif du sentiment de proximité est d’avoir le sentiment que sa voix compte ». Toutefois, Coop de France relève que « 32 % des répondants affirment que leur voix n’est pas assez entendue ». Des personnes qui, pour Dominique Chargé, « se sentaient bien et mieux en économie administrée », et qu’il faut réimpliquer dans les nouveaux projets et le nouvel environnement des coopératives. Le président de Coop de France s’est par ailleurs prononcé sur une extension de la contractualisation : « Dans ma coopérative (Terrena, ndlr), nous voulons passer de 20 % de contractualisation en viande bovine, à plus de 50 %."

Gouvernance : les recommandations de Coop de France

Les recommandations de Coop de France concernant la gouvernance des coopératives ont été réparties en neuf chapitres : l’animation démocratique des assemblées générales (ex. : inciter les associés à participer aux AG) ; animation territoriale des coopératives (ex. : s’assurer que l’animation de la section soit réalisée par le président de section en présence du président ou d’un vice-président, et/ou du directeur de la coopérative) ; élaborer et faire vivre une charte de gouvernance ; fonctionnement du conseil d’administration (ex. : opter pour un nombre d’administrateurs qui permette une bonne représentativité) ; formation des administrateurs (ex. : indemniser les administrateurs lorsqu’ils sont en formation) ; comités spécialisés (ex. : élargir, dans les groupes coopératifs, la compétence de ces comités aux filiales de la coopérative) ; renouvellement des générations (ex. : dispositif permettant de repérer de jeunes coopérateurs, motivés, prêts à s’investir) ; représentation des femmes (ex. : développer des programmes d’accompagnement au leadership féminin) ; salariés administrateurs (ex. : leur proposer une formation adaptée).