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Coopération Coop de France fait du dossier élevage la priorité pour 2011

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Coop de France a présenté sa stratégie pour 2011 lors d’une conférence de presse le 17 janvier, dans ses locaux parisiens. Outre un rapprochement avec InVivo (cf encadré), la contractualisation et les difficultés de l’élevage ont aussi été abordées à cette occasion.

«La fin de l’année 2010 a été troublante pour les coopératives agricoles », a déclaré Philippe Mangin, président de Coop de France, le 17 janvier à Paris lors d’une conférence de presse présentant la stratégie 2011 du mouvement coopératif. Il évoquait ainsi le projet de loi de finance lié à l’alourdissement du régime fiscal des coopératives, finalement avorté, mais aussi les difficultés des éleveurs à maintenir leurs marges avec la hausse des prix des céréales. « La résorption de la crise des élevages est d’ailleurs l’enjeu premier de Coop de France pour l’année 2011 », a indiqué son président.

Permettre aux éleveurs de répercuter leurs coûts vers l’aval

« La hausse des coûts de production que supportent les éleveurs doit être répercutée au niveau des consommateurs finaux » a souhaité Philippe Mangin. Selon lui, la hausse des céréales n’est pas conjoncturelle, mais structurelle, il va donc falloir que les consommateurs consentent à payer davantage. D’ailleurs, le président de Coop de France a souligné que lorsque les coûts de production augmentent de 10 à 15%, la hausse de prix aux consommateurs finaux n’est que de 2 à 3%. Des discussions avec les distributeurs devraient d’ailleurs être bientôt engagées par Coop de France afin d’adapter les prix d’achat des produits animaux par la grande distribution aux besoins en trésorerie des éleveurs. « Un échange transparent d’informations entre les coopératives et le secteur de la grande distribution devrait permettre d’obtenir des prix rémunérateurs pour les éleveurs », a indiqué Philippe Mangin. Il a cependant souligné qu’il faudra que les distributeurs ne soient pas braqués sur le pouvoir d’achat de leurs clients pour que ces négociations aboutissent.

Une contractualisation qui reste à construire

Si des contrats entre les céréaliers et les fabricants ou utilisateurs de l’alimentation animale pourraient être établis, et sont souhaités par le ministère de l’Agriculture, avec lequel Coop de France entend travailler à ce sujet, Philippe Mangin s’est prononcé en faveur d’un accroissement de la solidarité entre les filières. Cependant, il souligne que les contrats qui seraient passés aujourd’hui devraient tenir compte des prix élevés des céréales actuellement affichés sur les marchés. Selon Philippe Mangin, différents systèmes sont envisageables « soit un système solidaire ou mutualiste, type cotisations volontaires obligatoires (CVO), mais ceci n’est pas dans l’air du temps, soit une contractualisation de couverture sur les prix actuels, mais dans ce cas les éleveurs doivent pouvoir répercuter les coûts sur leurs prix de vente ».

Différents outils pour répercuter les coûts de l’alimentation sur les produits animaux

Parmi les voies proposées par Coop de France pour répercuter la hausse des coûts des céréales dans les élevages sur les prix de vente de leurs produits, un indice défini en fonction des cours d’un panier de matières premières utilisées en alimentation animale pourrait prendre place en pied de facture. Ainsi, l’indice évoluerait en fonction des prix des composants de l’alimentation et viendrait s’ajouter au prix de vente des produits issus des élevages. « Ceci permettrait une transparence accrue sur la formation des prix », a souligné Philipe Mangin. Enfin, selon lui, les coopératives agricoles multi-métiers (grandes cultures, élevages), restent les meilleurs amortisseurs de la volatilité des prix en raison d’arbitrages politiques et solidaires au sein de ces structures. Avec de nombreux céréaliers ayant engagé leurs productions à la vente dès le mois d’octobre, à des prix inférieurs à ceux observés actuellement, les directeurs alimentations animales et céréales des coopératives lissent les prix à destination de leurs adhérents.

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