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Organisation professionnelle/Nutrition animale Coop de France nutrition animale appelle au dialogue avec la société civile

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Dans un contexte de profonde crise de l’élevage, Coop de France nutrition animale en appelle au dialogue avec la société civile pour travailler sur l’acceptabilité sociale de l’élevage. A son niveau, la profession travaille sur la sécurité sanitaire, la traçabilité et les bonnes pratiques en matière d’approvisionnements. Mais elle souhaite une co-construction au niveau de l’ensemble des filières.

Dans un contexte de profonde crise de l’élevage, Coop de France appelle de ses vœux une réflexion sur la filière telle que celle qui a prévalu aux Pays Bas.
« Pour retrouver de la compétitivité, il faut répondre aux attentes sociétales. Pour cela, il faut engager le dialogue avec la société civile et les associations », a plaidé Jean-Luc Cade, président de Coop de France nutrition animale, lors d’un point presse organisé le 7 novembre, en marge de la convention du syndicat. Nous avons un vrai problème d’acceptabilité sociétale de l’élevage. Mais les lignes commencent peut-être à bouger. Avec la crise bretonne, on commence à se rendre compte que l’élevage, ce sont des emplois », veut-il croire.
Le secteur de la nutrition animale (via Coop de France et le Snia) a déjà mis en place le dispositif Oqualim, qui certifie les bonnes pratiques des usines. Coop de France et le Snia veulent consolider le système et faire d’Oqualim une marque de référence. Le secteur de la nutrition animale entend ainsi communiquer sur ses approvisionnements, français à 80 %. « Pourquoi ne pas valoriser en nutrition animale le colza comme c’est le cas pour le diester ? », s’interroge Jean-Luc Cade. Concernant les protéines importées, la profession travaille sur la durabilité des approvisionnements, pour contrer les critiques concernant la déforestation en Amérique du Sud par exemple. Une quinzaine de dirigeants mènent une réflexion sur ces sujets, dont les conclusions doivent être rendues d’ici à la fin de l’année. Dans le même sens, la profession demande que les 2 % du premier pilier affectés au plan protéine soient fléchés vers la nutrition animale.
Seule, la nutrition animale aura cependant du mal à faire bouger les lignes. « La co-construction passe aussi par un dialogue au niveau des filières », explique Valérie Bris, directrice de Coop de France nutrition animale. De fait, chaque maillon ne peut pas être compétitif seul dans une filière interdépendante. Jean-Luc Cade plaide ainsi pour la contractualisation.
Economiquement, la filière nutrition animale est éprouvée. Elle était d’ailleurs très inquiète de l’écotaxe, dont la suspension a été perçue comme une bonne nouvelle. Quant aux discussions sur un projet alternatif, Jean-Luc Cade se dit ouvert mais précise que pour l’heure, les entreprises de nutrition animale ne sont en état de supporter aucune taxe supplémentaire. Les volumes d’aliments pour porcs ont baissé de 3,7 % en 2012 et ceux d’aliments pour volailles de 0,2 %. Seuls les aliments pour ruminants ont progressé (+ 0,5 %). Pour 2013, la production totale est estimée à 21 millions de tonnes, contre 21,2 millions de tonnes en 2012. « Sur la filière porcine, même avec les mesures pour relancer l’élevage, on ne va pas retrouver une dynamique tout de suite. Quant à la volaille, la filière risque d’être mise à mal par la fin des restitutions», estime Jean-Luc Cade. Dans un contexte de forte volatilité des matières premières, Coop de France nutrition animale tient cependant à rappeler que le travail des fabricants permet de lisser les prix. De janvier 2012 à juillet 2013, la profession estime avoir répercuté 1,3 milliard d’euros de hausse de matières premières, sur un total de 1,7 milliard d’euros. Mais elle rappelle que si elle lisse et répercute les hausses avec un effet retard, quand les prix baissent comme c’est le cas actuellement, elle n’est pas en mesure de répercuter les baisses immédiatement.

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