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Le périmètre coopératif en 2013 Coop de France plaide en faveur d’une poursuite de la structuration des filières

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Les coopératives agricoles continuent de se concentrer et d’étendre leurs parts de marché. À l’occasion de son congrès les 18 et 19 décembre, Coop de France souligne la nécessaire structuration des filières. Le ministre de l’Agriculture y est attendu de pied ferme concernant l’éligibilité des coopératives au CICE.

Les coopératives agricoles continuent leur mouvement de concentration avec 39 opérations de fusion sur les dix premiers mois de l’année, a annoncé le 10 décembre Coop de France. En comptant les acquisitions d’acteurs privés, 78 opérations sont recensées. « C’est dans les filières les mieux structurées que l’agriculture se porte le mieux », a souligné le président Philippe Mangin en conférence de presse.
Dans le sucre, deux grands acteurs se dégagent, qui « ne craignent pas la fin des quotas ». Concernant les céréales et oléoprotéagineux, il y a l’émergence de groupes régionaux et, sur certains métiers, la constitution d’unions interrégionales « pour mieux maîtriser le risque de volatilité ». « Une formidable évolution » a lieu dans le lait, permettant de lever « les inquiétudes d’il y a deux ans sur la place des coopératives ». Pour Philippe Mangin, l’émergence d’Agrial et le renforcement du numéro un laitier Sodiaal constituent de « bonnes nouvelles qui permettront d’équilibrer les négociations avec la grande distribution et de conquérir des places à l’export », selon un communiqué. Dans le vin, l’émergence d’unions fortes vise de « meilleures performances à l’export ».
 
Fragilité du maillon industriel bovin
À l’opposé, les filières d’élevage suscitent des inquiétudes. Outre les difficultés dans la volaille et le porc, Coop de France se préoccupe du devenir du secteur bovin et notamment son « maillon industriel qui est très fragile ». L’enjeu est de savoir « comment on peut saturer l’outil industriel et répondre à une demande à l’export grandissante », a déclaré Philippe Mangin, en invitant les acteurs à se mettre autour d’une table.
Globalement, le chiffre d’affaires acquis par le secteur coopératif s’élève à 893 M d’euros et celui cédé à 302 M d’euros, soit un solde positif de 590 M, qui porte le total du volume d’affaires de la coopération à 84,3 Md d’euros pour 2013. « Cette marche en avant des coopératives ne peut masquer le manque de compétitivité de la chaîne alimentaire française », souligne le communiqué de Coop de France. Un thème au cœur de son congrès, les 18 et 19 décembre.
 
Ultimatum sur le CICE
L’occasion pour Philippe Mangin de lancer un ultimatum au ministre de l’Agriculture sur le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). Bruxelles aurait refusé, il y a quelques semaines, l’éligibilité des coopératives à cette mesure du gouvernement. « Pas question que Stéphane Le Foll vienne à notre congrès sans une réponse, a mis en garde le président de Coop de France. Soit il négocie avec Bruxelles, soit il trouve une mesure de compensation. » D’après l’organisation, 116 M d’euros d’aides passeraient sous le nez des coops agricoles en cas de non-éligibilité au crédit d’impôt. « Le CICE constitue une aide à l’allègement du coût du travail, son lien à la fiscalité est infondé », a estimé Philippe Mangin.
Autre source de mécontentement, la « clause miroir » dans la loi d’avenir pour l’agriculture. « Obliger les coopératives à définir en AG les modalités de gestion de la volatilité, c’est remettre en cause la responsabilité des administrateurs et dirigeants », a-t-il jugé, en menaçant de ne pas appliquer la mesure. Concernant l’écotaxe, Coop de France « refuse tout aménagement ». L’organisation demande une « remise à plat totale », avec une étude d’impact préalable.

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