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Organisation professionnelle/Compétitivité Coop de France plaide pour la poursuite de la consolidation des coopératives

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La reconquête de la compétitivité globale de la chaîne alimentaire française sera au coeur des travaux du congrès 2013 de la Coopération agricole, qui se tiendra les 18 et 19 décembre à Paris. Philippe Mangin, président de Coop de France, a estimé devant la presse que les coopératives ont une carte à jouer pour gagner cette bataille en poursuivant leur restructuration par des rapprochements.

« La coopération agricole est en ordre de marche et poursuit la nécessaire structuration de ses filières », a constaté Philippe Mangin. Il en veut pour preuve que le nombre des entreprises coopératives, unions et SICA dans le secteur agricole, agroalimentaire et agro-industriel est passé de 2 850 en 2012 à 2 800 cette année. Pour les dix premiers mois de l’année, on a enregistré 78 opérations de croissance externe, dont 39 concernent des mouvements entre coopératives entre elles. Parmi cette catégorie, Coop de France cite notamment les mouvements opérés dans la filière laitière, avec le rapprochement d’Agrial et Eurial, pour donner naissance au 2e groupe coopératif du secteur, derrière Sodiaal qui a repris les Fromageries de Blâmont et engage un processus de fusion avec le groupe occitan 3A. D’autres filières sont concernées dans les céréales (la Cal et Emc2, ou Terres de vignerons regroupant 22 coopératives), dans l’élevage, la Cavac et Géo donnant naissance à Union Bovineo. Cette croissance peut également prendre la forme de prises de participation dans des entreprises à capitaux familiaux : Florette reprenant Bakkavör, Delpeyrat reprenant deux filiales de Norway Seafood ou encore Cooperl Arc Atlantique prenant 50% de Charcupac. Parfois, cette course à la taille critique passe par des acquisitions hors de nos frontières: InVivo reprenant le mexicain Vipresa, Tereos s’associant à Wilmar pour acheter une amidonnerie chinoise. Philippe Mangin exhorte à persévérer dans cette voie, « car ce sont les filières les plus structurées qui se portent le mieux ».
 
Loin des grands groupes mondiaux
La structuration des filières permet de mieux résister tant au plan national que sur les marchés extérieurs. Pour lui, dans le secteur de l’élevage en forte crise, il est plus que jamais nécessaire que les coopératives unissent leur force pour se relever. Il voit comme très positive, la création de deux grands leaders dans le lait, avec Sodiaal et Eurial qui « permettront d’équilibrer les négociations avec la grande distribution et de conquérir des places à l’export ». Il en est de même pour les cultures spécialisées comme le vin, pour qui des unions fortes permettent d’aborder ensemble des marchés export où les vins du nouveau monde sont de plus en plus présents. Les coopératives ont encore du chemin à parcourir pour faire jeu égal avec leurs homologues européens ou mondiaux. Deux nouvelles coopératives françaises se sont hissées en 2012 dans le Top 20 de l’Europe, Agrial (N° 19) et Vivescia (N°18), rejoignant Axéréal (N°20), Sodiaal (N°15), Terrena (N°13), Tereos (N°10) et InVivo (N°9). Mais le leader français avec 5 669 M€ de chiffre d’affaires est loin du leader européen, l’allemand Bay Wa et ses ventes de 10 531 M€. Dans le classement mondial, les Français ne sont plus que deux parmi les 20 premiers, Tereos, numéro 17 et InVivo, numéro 16. Les sept premiers du classement dépassent les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, la coopérative polyvalente japonaise Zen-noh culminant avec 55,6 Md€. Un mastodonte, quand on voit que les 2 800 entreprises coopératives et leurs filiales pèsent 84,3 Md€ de chiffre d’affaires, en légère progression sur les 83 ,7 Md€ de 2012.

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