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Pac Coop de France réclame un doublement des aides à la luzerne

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En plein arbitrage sur les 151 M d’euros dédiés à l’autonomie fourragère, Coop de France Déshydratation réclame un doublement des 8 M d’euros pour la luzerne. Elle dénonce un risque de saupoudrage des aides de la Pac qui n’auraient pas d’effets structurants à terme sur la production.

Un doublement des 8 M d’euros d’aides couplées pour la luzerne déshydratée. C’est ce que réclame Coop de France dans le cadre de la nouvelle Pac. « Les surfaces doivent passer de 65 à 90 000 ha pour bénéficier d’un effet de seuil, a expliqué le directeur de la section Déshydratation Eric Guillemot, le 26 novembre en conférence de presse. Avec 150 à 200 euros d’aides par hectare, cela représente 14 à 16 M d’euros dans la fourchette basse. » Coop de France Déshydratation veut un plan national en faveur des protéines végétales. En plein arbitrage sur les 151 M d’euros destinés à l’autonomie fourragère des exploitations, le projet se heurte au souhait des éleveurs de récupérer toute l’enveloppe. « Il y a un risque de saupoudrage des aides, a mis en garde le président Jean-Pol Verzeaux. L’objectif de notre plan est de sécuriser l’approvisionnement des éleveurs en protéines, en diminuant les importations et en faisant profiter les sols des bénéfices agronomiques des légumineuses. »
 
Menace de rupture d’approvisionnement
Une idée soutenue par le président du CESE (Conseil économique, social et environnemental) Jean-Paul Delevoye, qui accueillait la conférence de presse dans ses locaux. « L’UE importe 75 % des protéines végétales qu’elle consomme, un facteur de fragilité économique et stratégique », a-t-il souligné. Cette dépendance atteindrait environ 50 % pour la France. D’où un risque de rupture d’approvisionnement pour les élevages, selon les professionnels de la luzerne déshydratée. Ils pointent les besoins croissants de la Chine, qui capte déjà 60 % des exportations mondiales de soja et monterait à 75 % en 2014. L’Espagne et l’Italie exportent, depuis deux ans, 60 à 70 % de leur production de luzerne vers le Moyen-Orient. Enfin, des fonds souverains aux Emirats arabes unis ont acheté en 2013 des usines espagnoles de déshydratation et des sociétés de trading de fourrages. 4 Mt de foin de luzerne sont importées chaque année par la péninsule arabique. « Sur le marché français, il manque 200 000 t pour répondre à la demande des éleveurs, a signalé le directeur de Désialis Serge Faller. Le déficit est considérable, surtout en balles, mais aussi en pellets. Depuis 2007/08, la production manque d’attractivité économique. »
 
Les limites de l’autonomie des exploitations
Parmi les bénéfices d’un soutien à la luzerne, Coop de France Déshydratation cite l’efficacité économique offerte par une filière déjà structurée, capable de lisser les fluctuations des cours. Les défenseurs du plan protéines mettent aussi en avant la sécurisation de l’approvisionnement pour les éleveurs, en qualité et disponibilité. « On ne peut pas imaginer les grandes exploitations laitières du grand Ouest atteindre une autonomie fourragère complète, a lancé Jean-Pol Verzeaux. Les producteurs de roquefort, de fromage de chèvre dépendent eux aussi d’achats complémentaires pour nourrir leurs troupeaux. »

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