Coop de France, confédération d’une vingtaine d’organisations coopératives, a fusionné quatre d’entre elles et entend ainsi, grâce à une structure plus resserrée, mieux aider au «renforcement du pouvoir économique des agriculteurs». Le Haut Conseil de la coopération agricole, institué par décret à la veille de l’assemblée générale de Coop de France, verra siéger 7 représentants élus sur un total de 12 membres.
Une page se tourne dans la Coopération agricole », s'est félicité Philippe Mangin, après le vote, le 7 décembre, de l'absorption par Coop de France de 4 fédérations de coopératives : Ffcat, SNDF, FNCBV et Syncopac Respectivement coopératives céréalières, de déshydratation, coopératives bétail-viande, et de nutrition animale. Le président de Coop de France, qui avait initié cette démarche péniblement en 2003, estime être finalement allé plus loin que dans son schéma initial de rapprochement de toutes les fédérations de coopératives dans une « maison commune », mais il est vrai avec moins de fédérations que prévu. Il en reste en effet encore 15 autres qui n’ont pas admis de fusionner dans le nouvel ensemble même si elles demeurent adhérentes de Coop de France en tant que confédération. Mais « le mouvement est évolutif », a assuré le président Mangin, qui espère voir naître, à côté des deux pôles déjà en place, un pôle « cultures spécialisées » réunissant les secteurs vin et fruits et légumes. Philippe Mangin n’attend plus, en revanche, le ralliement de la FNCL (coopératives laitières) du fait de ses liens étroits avec la Fnil au sein d’Atla et de la Maison du lait.
Un structure unique avec deux pôles pour l'instant
Réélu dans la foulée président de Coop de France, Philippe Mangin est entouré d’un conseil de 45 membres et d’un bureau de 26 dirigeants coopératifs. Quatre sections ont dès lors été créées au sein de l’unique organisation Coop de France « métiers du grain », « déshydratation », « bétail et viande », et « nutrition animale », le tout regroupé en un pôle végétal avec un vice-président Hubert Grallet (ex-Ffcat) et un pôle animal représenté par un autre vice-président Gilbert Herpe (Agrial).
Le président Mangin compte sur cette « organisation professionnelle plus unitaire et plus forte pour contribuer au renforcement du pouvoir économique des agriculteurs » au sein des coopératives. Coop de France, a-t-il déclaré, est ainsi « en ordre de marche pour renforcer les services à ses adhérents (… ) et pour faire entendre d’une voix plus forte les spécificités coopératives ». Forte de ses 400 000 sociétaires, de ses 3 200 entreprises qui pèsent 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 150 000 salariés, la coopération agricole entend aussi, a martelé Philippe Mangin devant le ministre de l’Agriculture, représenter les agriculteurs « qui ont du capital dans une ou plusieurs coops » (soit les trois quarts d'entre eux). Ce sont ceux « qui ont fait le choix de s’organiser, et sont le plus souvent d’accord pour le pari de la transformation des produits, pour la structuration des filières ». Tant que ne sera pas mieux organisé le maillon de la production et de la première mise en marché, a estimé en substance le président de Coop de France, rien ne servira de légiférer sur les marges arrière ou le renforcement des interprofessions. Pour « prendre le problème par le bon bout », Philippe Mangin demande que le ministère « conditionne toute intervention publique à la bonne structuration des filières ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Plus de parts des producteurs dans les filiales
Au bout du compte, « les adhérents doivent être mieux rémunérés », souhaite-t-il. « Remettre les agriculteurs au centre de la coopération » doit passer selon lui par une plus grande transparence et une meilleure rémunération des adhérents. « La création de parts d'épargne permise par la loi d’orientation agricole (LOA) peut développer le goût du résultat chez l'agriculteur, puisqu'une part de celui-ci serait convertie en épargne, libérée au moment de son départ en retraite », estime Philippe Mangin. « Les coopératives doivent s'engager dans cette voie et développer les prises de participation des agriculteurs dans les filiales », souhaite le président de Coop de France, mais la loi ne les y oblige pas. « Elles ont juste le devoir de débattre du sujet, mais si elle le font, elles doivent consacrer au moins 10 % de la mise en réserve », explique-t-il.
Philippe Mangin s’est en tout cas félicité devant Dominique Bussereau de la toute récente parution (au JO du 6 décembre) du décret créant en application de la LOA le Haut Conseil de la coopération agricole qui pourra, notamment, grâce à son « observatoire économique » exprimer des « alertes et recommandations visant à renforcer le rôle des coop, en suscitant des alliances et restructurations » et qui aura en charge l’agrément, voire le retrait d’agrément des coopératives.
L’assemblée générale de Coop de France a pu ainsi élire ses 7 représentants destinés à y siéger aux côtés de 5 autres membres désignés par l’Etat.