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Contrat de génération Coop de France suspend des milliers de créations d’emplois à la compétitivité

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La filière alimentaire a conclu un accord sur la création de 35 000 emplois. Signataires, les coopératives attendent pour le mener à bien des réponses à leurs problèmes de compétitivité. Elles interpellent les pouvoirs publics notamment sur le CICE et l’écotaxe.

L’agriculture et l’industrie agroalimentaire pourraient créer 35 000 emplois dans les trois ans sous réserve de gains de compétitivité, a prévenu Coop de France le 19 septembre. Signataire d’un contrat de génération, le 18 juillet, avec les organisations de salariés, l’organisation attend pour le mettre en œuvre certains gestes des pouvoirs publics. L’accord prévoit de recruter 30 000 jeunes de moins de 30 ans et 4 500 salariés de 50 ans et plus. « On ne pourra le faire que si nos demandes sont écoutées », a déclaré le président Philippe Mangin en conférence de presse. Une mise sous conditions liées d’une part au Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), de l’autre à l’écotaxe.
 
Le CICE se fait attendre
« Notre secteur a d’immenses atouts pour participer à la croissance économique dont la France a tant besoin », a-t-il souligné. « Les carnets de commande sont pleins. Or, nous ne progressons pas, au contraire, plusieurs filières régressent : le porc, la volaille, les bovins, le lait parfois, les légumes. Car nous ne sommes pas en état de résister à nos concurrents, même européens, a-t-il martelé en citant l’Allemagne et les Pays-Bas. Cela vient d’un manque de compétitivité. » Les coopératives attendent toujours d’être éligibles au CICE. Leur requête fait l’objet d’« incessantes navettes entre Paris et Bruxelles mais n’est toujours pas validée », selon Philippe Mangin, qui dit « s’interroger » sur la pugnacité des services à Bercy. Or, le dispositif, qui vise à réduire le coût du travail sur les salaires allant jusqu’à 2,5 Smic, concernerait nombre des salariés des coopératives, a-t-il estimé. « Ces 35 000 emplois ne pourront être traduits que si le CICE peut nous être appliqué. Ce n’est pas une menace, c’est comme ça. »
 
L’écotaxe « pas acceptable »
Le secteur s’inquiète de l’entrée en vigueur de l’écotaxe, qui introduit « des distorsions d’une région à l’autre et avec l’étranger ». « La taxe va handicaper l’économie territoriale et les circuits courts, a-t-il jugé. Ses modalités d’application sont d’une complexité incroyable et d’un coût exorbitant. » Il a cité le cas des aliments pour le bétail, « taxés six fois tout au long de la chaîne » du champ au distributeur, « contre une fois seulement au pied du bateau pour ceux importés ». « Nous ne contestons pas le principe de la taxe, mais ses modalités, qui ne sont pas acceptables. » Aussi, à la veille de la Conférence environnementale les 20 et 21 septembre, le président de Coop de France a dit craindre « de nouvelles mesures fiscales » et « qu’on ne retombe dans le réglementaire et le contraignant ». « Nous n’accepterons aucune nouvelle mesure fiscale sans suppression d’une ou deux autres en compensation », a-t-il prévenu.
Pour résoudre leurs problèmes de compétitivité, les coopératives ne voient aucune réponse du côté de la réforme de la Pac. Rien non plus dans la loi d’avenir. « La réforme de la Pac est enfermée dans une problématique de redistribution des aides et ne répond pas aux enjeux des filières », a lancé Philippe Mangin.

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